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Crowdfunding : une autre façon de se financer quand les banques ne font rien

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Nous avons déjà traité plusieurs fois du crowdfunding sur ce blog. Comme je l’ai expliqué dans un post pas il y a quelques semaines, plusieurs alternatives existent (en termes de business model) . J’ai expliqué le modèle de Look & Fin (relativement nouveau sur le marché mais qui bénéficie d’une belle couverture médiatique) et souligné certaines faiblesses.

Pourtant, malgré ces faiblesses, je dois avouer que je suis assez impressionné par leurs premiers résultats et la qualité des entreprises choisies. Les projets qu’ils ont choisi de mettre en avant sur la plate-forme semblent en effet bien respecter leurs engagements en termes de remboursements .

Le succès du crowdfunding souligne l’échec des banques dans leur mission

Lisez ou relisez le message que nous avons consacré à Ethnik, ce nouveau magasin Horeca lancé avec notre aide à Bruxelles près du rond-point Schuman. Dans ce dossier les banques n’ont pas du tout joué leur rôle pour réunir les quelques milliers d’euros nécessaires au projet. La frustration qu’un entrepreneur peut ressentir quand toutes les portes se referment devant lui expliquera sans doute en partie pourquoi le crowdfunding connaît un tel succès. Lorsqu’il cherche à obtenir un prêt d’une banque l’entrepreneur s’engage en général dans un processus qui va durer plusieurs semaines voire plusieurs mois (contrairement aux promesses de réponses en 24h des banques); qui plus est le processus décisionnel repose sur des critères qui peuvent apparaître opaques. Si la réponse arrive en 24h vous pouvez être sûr qu’elle sera négative 😉

Le processus de crowdfunding est plus rapide à mettre en place, le risque est réparti sur des dizaines (parfois des centaines ) d’investisseurs. Ce qui est aussi intéressant dans le processus du crowdfunding est qu’il peut être utilisé comme une mini étude de marché. Si votre offre est aussi attrayante que ce que vous pensez les gens seront prompts à à vous prêter leur argent. N’oubliez cependant jamais que les investisseurs sur les plateformes de crowdfunding sont loin d’être représentatifs de l’entièreté de la population. Il s‘agit en fait d’un échantillon très particulier dans sa composition et à partir duquel aucune extrapolation n’est -a priori- possible.

Look & Fin est une alternative intéressante pour les projets de commerce de proximité

Pour tous les projets qui ne relèvent pas de l’IT et/ou ne s’adressent pas à la communauté geek, le crowdfunding me semble plus difficile à utiliser … à moins que vous n’optiez pour la bonne plate-forme. MyFirstCompany était l’une des rares alternatives disponibles mais a fermé. Look&Fin est resté et leurs résultats sont plus que prometteurs : les indicateurs de performance publiés montrent en effet que les entreprises ayant bénéficié d’un financement via Look&Fin respectent leurs échéances de remboursement. La sélection des projets semblent donc être excellente. On notera cependant que les projets financés n’émanent pas de néo-entrepreneurs ce qui constitue sans doute un critère de qualité et de réduction du risque supplémentaire.

Les banques ne prêtent plus que pour des projets sans risques

Les succès de Look&Fin illustrent à merveille la « faillite » des banques en tant qu’organes finançant les entreprises. Notre affirmation selon laquelle les banques ne parviennent pas à comprendre la dynamique des entreprises candidates à un prêt prend ici tout son sens.

Nous avons ici les exemples de trois sociétés (la chaîne de pizzas « al taglio » Mamma Roma , la boulangerie Le Saint -Aulaye et le magasin bio « Be Positive »), actives dans trois secteurs différents, ayant un historique, qui ont toutes été rejetées par les banques.

Pourtant elles ont passé les critères de sélection de Look&Fin et les consommateurs leur ont accordé leur crédit (au sens propre comme au sens figuré).

Dès lors pourquoi aucune banque n’a-t-elle suivi ces entreprises qui pourtant remboursent leurs investisseurs et s’acquittent de leurs dettes ? Parce que les banquiers cherchent plutôt à savoir QUI vous êtes au lieu de se concentrer sur le fond du dossier. Ils analysent vos biens personnels (et comment ils peuvent être utilisés pour réduire le risque à zéro) mais ne sont pas à même de comprendre le contenu de votre projet en détail. Un projet Horeca restera un projet Horeca. Si vous n’avez pas un dossier personnel impeccable et des biens personnels à mettre en gage, inutile donc de présenter votre dossier à une banque.

Il y a bien sûr d’autres types d’organismes financiers qui aident les néo-entrepreneurs à démarrer. Mais même avec eux le schéma de pensée est quasiment le même. Pire même, nous avons rencontré une société (dont nous tairons le nom) qui a bénéficié d’un subside à 6 chiffres avec un projet dont on peut s’accorder à dire qu’il repose sur du sable; il avait par contre le gros avantage d’être dans l’IT et bénéficiait donc d’une aura particulière. Toutefois on peut être sûr que l’argent public investi dans ce projet hautement inutile sera irrémédiablement perdu. J’ai eu l’impression d’être retourné en 1999 quand n’importe qui, avec n’importe quel projet Internet, pouvait lever des sommes folles.

Au final le constat est amer : le projet Ethnik s’est construit sans l’aide des institutions financières.

Conseils pour votre business plan

Pour clore cette série d’articles sur le projet Ethnik  je pense que le plus sage conseil que je puisse vous donner est de mettre en place un plan financier qui laisse peu ou pas de place à la contribution d’une banque. Ainsi, si vous deviez essuyer un refus vous pourriez quand même vous retourner. Cela dit, tout dépend bien entendu du type de projet que vous envisagez mais il me semble sage de ne pas voir trop grand pour un premier projet.

Pour le financement pensez à vos amis, famille et à votre réseau (vive Linkedin et Facebook) pour réunir les fonds disponibles. C’est ainsi qu’Ethnik a pu être lancé.

Et si vous avez encore besoin de fonds après tout cela allez d’abord frapper à la porte des organismes publics dont le financement des entrepreneurs est la mission. En obtenant ainsi des fonds vous deviendrez tout à coup solvable au yeux des banques et économiserez pas mal d’efforts.

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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