Le running est devenu le sport à la mode. Tout le monde s’y met, en particulier la Génération Z et les femmes. Ce marché, autrefois de niche, est devenu très convoité par les marques « mainstream » mais également par les acteurs spécialisés. Dans cet article, nous analysons ce marché et son évolution.
Il semblerait qu’il n’y ait rien de plus tendance que le « running ». Tout le monde s’est mis à courir et les marathons affichent complets. Alors que les États-Unis ont connu un essoufflement dans les années 2010, l’Europe et particulièrement la France sont les nouveaux eldorados de la course à pied. Mais au-delà du sport il y a aussi une réalité économique : le marché du running est en croissance et attire les convoitises. Dans cette analyse, notre cabinet de conseil marketing analyse les tendances de ce marché (rajeunissement des participants, féminisation de la pratique, innovation technologique et professionnalisation de la distribution) et de ses perspectives. Suivez-nous au pas de course à la découverte de ce marché !
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L’essentiel à retenir
- 52% : part des 20-39 ans parmi les finishers du Marathon de New York en 2024, contre environ 43% en 2019
- 20% : part des femmes de la Gen Z parmi les marathoniens en 2024, contre 15% pour les hommes
- 27,5% : part de Nike parmi les chaussures portées par les finishers femmes de marathon en 2024, contre 34,6% pour les hommes sur la même période
- 9 millions : paires de chaussures de running vendues en France en 2024, soit +21% par rapport à 2023
- Le marché français du running atteint 1,4 milliard d’euros en 2025, soit +17% par rapport à 2024
- 13,2 millions de Français pratiquent la course à pied en 2025, contre 12,4 millions en 2024
- 2,91 millions : personnes ayant terminé une course en France en 2024, contre 2,3 millions en 2023
- Les chaussures représentent 900 millions d’euros de chiffre d’affaires en France avec un prix moyen de 142 euros en 2025
Un secteur qui change de dimension économique
Le marché de la course d’endurance connaît une expansion qui dépasse les prévisions les plus optimistes. En France, les chiffres de 2025 confirment cette tendance avec un marché évalué à 1,4 milliard d’euros, et une progression de 17% en un an. Cette croissance contraste avec l’évolution du marché global des articles de sport, qui recule de 0,2% sur la même période.

Lorsqu’on compare la situation avec les États-Unis, on voit toutefois que la dynamique n’est pas (ou plus) la même. Outre-Atlantique, après un pic à 19 millions de pratiquants en 2013, le nombre était retombé à 17 millions en 2015, soit une baisse de 9%. Cette correction s’accompagnait d’un recul de 11% des coureurs les plus assidus entre 2013 et 2015. Ce recul était particulièrement marqué chez les 18-24 ans (-22%) et les 25-34 ans (-19%). Paradoxalement, les 65 ans et plus progressaient de 25%.
| Indicateur | France 2024 | France 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Pratiquants (millions) | 12,4 | 13,2 | +6,5% |
| Marché total (milliards €) | 1,2 | 1,4 | +17% |
| Chaussures vendues (millions) | 9 | – | +21% vs 2023 |
| Prix moyen chaussures (€) | 131 | 142 | +11€ |
Le marathon est un moteur de croissance
Depuis 2024, les grandes épreuves internationales gagnent en popularité. Le nombre de finishers aux plus grands marathons du monde est exceptionnement élevé :
- Marathon de Paris : 54175 « finishers »
- Marathon de Berlin : 54280
- Marathon de New-York : 55646
Ces chiffres témoignent d’une demande qui excède désormais l’offre. Réussir à s’inscrire est une vraie gageure qui relève de la loterie (au sens propre).



La promotion des nouveaux modèles de chaussures pour le running passe par un story telling qui met en avant l’innovation. Photo prise dans le flagship store Nike sur les Champs Elysées à Paris.
Les tendances du marché du running
L’innovation dans les chaussures
Le développement du marché de la course à pied repose largement sur les avancées technologiques. Les nouvelles mousses, les semelles suramorties, les plaques carbone et autres techniques d’impression 3D sont là pour aider les pratiquant à améliorer leurs performances (en tout cas, c’est la promesse qui est faite).
Les « super shoes » illustrent parfaitement cette dynamique. Ces chaussures haute performance, longtemps réservées à l’élite, ont été adoptées par 29% des coureurs français, tandis que 17% envisagent un achat. Cette démocratisation de la technologie justifie une dépense plus élevée et contribue à la montée en gamme du marché.

Les chaussures de running deviennent des objets ultra techniques, où du moins qui sont présentées comme telles. Voici la mise en scène qui avait été pensée pour mettre en valeur un modèle de la marque Nike dans le flagship store parisien.
La concurrence entre marques s’intensifie parallèlement. Tout le monde veut accroître ses parts de marché. Sur les marathons de 2024, Nike conserve une position dominante mais le paysage se diversifie. Saucony, Brooks, Asics, Hoka, New Balance, Adidas et On occupent des parts visibles parmi les chaussures portées le jour de course. Cette fragmentation favorise l’innovation continue et la premiumisation du secteur. On ne saurait passer sous silence la stratégie marketing qui entoure ces efforts d’innovation et dont nous nous sommes fait l’écho dans notre analyse sur le retailtainment.
Nos analyses sur la stratégie marketing de ces marques montrent que le storytelling autour de l’innovation et de le technicité est de plus en plus important pour les chaussures destinées aux « runners ». Lors d’un récent passage dans le flagship store de Nike à Paris, nous avons pu visiter l’exposition qui était consacrée au lancement d’un nouveau modèle (voir photos ci-dessus). Tous les codes de l’ingénierie et de l’innovation étaient présents, avec notamment des schémas « à l’ancienne » qui n’avaient surement rien de réels et avaient été créés pour l’occasion.

Cette évolution tarifaire est d’après nos analyses le reflet d’une montée en gamme généralisée. Entre 2019 et 2025, le prix moyen a progressé de 37 euros. L’acceptation de la valeur technologique est sans doute ce qui l’explique. Les consommateurs français possèdent en moyenne 3,4 paires, avec des comportements d’achat différenciés selon le genre :
- les hommes renouvellent leurs chaussures tous les 11 mois et dépendant 144€/an
- les femmes renouvellent tous les 13 mois en moyenne et dépensent 119 euros/an
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de professionnalisation de la distribution. En 2025, entre 250 et 300 magasins spécialisés proposent en France des services autour de l’analyse de foulée, des conseils personnalisés et des sélections pointues. Il y a 10 ans, ce type de magasins se comptait sur les doigts de deux mains.
Un exemple est symptomatique : l’ouverture du premier magasin Decathlon exclusivement dédié au running à Bordeaux. Même les grandes enseignes s’y mettent car elles ont bien compris le potentiel.
La féminisation du marché
L’évolution démographique constitue un autre facteur très structurant du marché de la course d’endurance. Aux États-Unis, les femmes représentaient 57% des finishers en 2015, avec 61% sur semi-marathon et 44% sur marathon. Cette féminisation a profondément modifié la nature du marché, le rendant plus communautaire et moins centré sur la performance pure.
Cette transformation génère des conséquences commerciales directes. Elle soutient l’essor des groupes sociaux, collectifs d’entraînement et clubs caritatifs. La demande s’élargit aux textiles, accessoires, nutrition, récupération et services digitaux. Le running devient ainsi un marché de mode de vie complet, dépassant le simple équipement sportif.
En France, cette tendance se traduit par une explosion des run clubs. Leur nombre a progressé de 52% en 2024, Paris en regroupant désormais plus de 100. Le nombre d’athlètes téléchargeant leurs courses dans la capitale a été multiplié par plus de cinq depuis 2019, confirmant la dimension à la fois sportive, sociale et urbaine de cette pratique.
La naissance d’un écosystème
Enfin, l’influence du running s’étend désormais bien au-delà de son périmètre traditionnel. En France, le marché des vêtements, chaussures et accessoires de sport atteignait 10,3 milliards d’euros en 2024, en hausse de 3,5%. Un quart de ces dépenses concernait le running, l’athlétisme et le trail, confirmant le poids économique de ce segment.
Les secteurs connexes bénéficient également de cette dynamique. La nutrition sportive et les produits énergétiques progressent fortement, portés par une demande croissante de performance et de récupération. Nous vous renvoyons ici notamment à notre analyse du marché des produits protéinés. Cette expansion montre que le running n’est plus simplement une pratique physique mais un univers global mêlant performance, esthétique, communauté et santé.
L’aspect expérientiel prend une importance croissante. En 2024, 2,91 millions de personnes ont terminé une course en France, contre 2,3 millions en 2023. La compétition devient un moteur de consommation mais aussi de voyage, de sociabilité et de construction identitaire. Le Marathon de Paris 2024 a battu un record mondial, et l’édition 2025 s’est vendue en six mois.
Questions fréquentes sur le marché du running
Quelle est la taille réelle du marché français du running en 2025 ?
Le marché français du running représente environ 1,4 milliard d’euros en 2025, soit une progression de 17% par rapport à 2024. Cette croissance contraste avec l’évolution du marché global des articles de sport qui recule de 0,2%. Les chaussures constituent le segment principal avec 900 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette performance s’appuie sur 13,2 millions de pratiquants, dont 64% courent au moins une fois par semaine.
Comment expliquer la hausse continue des prix des chaussures de running ?
L’augmentation des prix reflète une montée en gamme technologique acceptée par les consommateurs. Le prix moyen est passé de 131 euros en 2024 à 142 euros en 2025, soit +11 euros en un an. Cette évolution s’explique par l’intégration de technologies avancées (plaques carbone, mousses innovantes, personnalisation) et par une demande croissante pour les modèles premium. Les « super shoes », autrefois réservées à l’élite, ont été adoptées par 29% des coureurs français. Pour une étude de marché approfondie sur ce segment, IntoTheMinds peut analyser les facteurs de cette premiumisation.
Le marché du running peut-il maintenir cette croissance ?
Plusieurs indicateurs suggèrent une croissance durable. Le rajeunissement des participants (les 20-39 ans représentent 52% des finishers du Marathon de New York en 2024 contre 43% en 2019) et la féminisation de la pratique constituent des bases solides. L’innovation technologique continue et la professionnalisation de la distribution renforcent cette dynamique. Cependant, l’exemple américain (recul de 9% des finishers entre 2013 et 2015) rappelle qu’une saturation reste possible. La diversification vers l’expérientiel et les services connexes pourrait atténuer ce risque.
Quels sont les principaux défis pour les marques sur ce marché ?
La fragmentation croissante du marché intensifie la concurrence. Nike conserve une position dominante mais fait face à la montée de Saucony, Brooks, Asics, Hoka, New Balance, Adidas et On. Les marques doivent innover constamment tout en gérant la montée en gamme. La distribution se professionnalise avec 250 à 300 magasins spécialisés en France, exigeant des stratégies omnicanales sophistiquées. L’aspect communautaire devient crucial, nécessitant des investissements dans l’expérience client et les services. Une enquête de notoriété peut aider les marques à mesurer leur positionnement dans cet environnement concurrentiel.
Comment les entreprises peuvent-elles saisir les opportunités de ce marché ?
Les opportunités se concentrent sur plusieurs axes : l’innovation technologique (matériaux, personnalisation, connectivité), les services (analyse de foulée, coaching, nutrition), l’expérientiel (événements, communautés, voyages) et les segments émergents (trail, ultra-distance, running urbain). La féminisation du marché ouvre des perspectives en textile technique et accessoires. L’aspect social et communautaire nécessite des approches marketing spécifiques. Pour identifier précisément ces opportunités selon votre secteur d’activité, une étude de marché B2B peut définir une stratégie d’entrée ou de développement adaptée.











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