16 avril 2010 470 mots, 2 min. de lecture

La co-création reçoit les honneurs de BusinessWeek.

Par Pierre-Nicolas Schwab Docteur en marketing, directeur de IntoTheMinds
Dans un article publié dans BusinessWeek la journaliste se fait l’écho du process de co-création mis en place par Unilever pour lancer un nouveau produit.  La journaliste explique que la co-création, au contraire des focus groups, permet de libérer le […]

Dans un article publié dans BusinessWeek la journaliste se fait l’écho du process de co-création mis en place par Unilever pour lancer un nouveau produit.  La journaliste explique que la co-création, au contraire des focus groups, permet de libérer le pouvoir créateur des clients et d’aboutir à des produits originaux.
Ces séances de co-création ont été organisées par une société londonienne, Face, à partir d’un pool de clients rémunérés.

«The young adults had been assembled by Face, a London-based firm that helps companies innovate through co-creation […]. For each commercial project, Face invites a small number of members to work as paid collaborators»

 

Le résultat a été le lancement d’un nouveau dédorant (baptisé Twist) dont le parfum change au fur et à mesure de la journée.

Mon avis

Au-delà de du succès éventuel du produit cet article dans BusinessWeek me conduit a une série de remarques.

Tout d’abord le fait qu’un journal international comme BusinessWeek parle de la co-création est la preuve que cette méthode commence à percer dans le monde du business. Ceci me conduit à m’interroger sur le temps dont l’industrie a besoin pour reconnaître l’intérêt des recherches académiques. Au final près de 15 ans ce sont écoulés depuis que Schrage utilisait le terme de « co-création » dans une lettre envoyée à la Harvard Business Review en 1995, et près de 6 ans depuis la publication de l’article de Vargo & Lusch qui a rendu le terme de co-création « universel » au sein de la communauté marketing.

Ensuite je note quatre caractéristiques dans le cadre de cette initiative qui me semblent sujettes à caution :

  1. premièrement c’est l’entreprise Unilever qui est à l’origine de ce travail de co-création, ce qui me laisse penser que l’initiative est « firm-centric » avant d’être « customer-centric » ;
  2. deuxièmement le fait que les participants aient été choisis par une tierce partie me conduit à m’interroger sur les méthodes utilisées pour assurer la représentabilité de l’échantillon ;
  3. une tierce partie intervient et les participants sont choisis dans la base de données de cette tierce partie ; mais étaient-ils vraiment clients d’Unilever ?;
  4. quatrièmement les participants étaient rémunérés ce qui introduit un biais évident auquel je me suis déjà opposé dans un billet précédent.

Mais bon … trêve de critiques … je suis quand même très content de voir une telle initiative aboutir. La co-création est en train de gagner ses lettres de noblesse.



Publié dans Marketing.

Donnez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *