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10 erreurs à éviter quand vous rédigez un questionnaire quantitatif

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Rédiger un questionnaire quantitatif, faire un sondage en ligne ; tout ceci est devenu à l’heure d’internet très simple. Trop simple sans doute car des erreurs sont commises au moment même de la rédaction du questionnaire quantitatif.

À lire également: Mettre en place un questionnaire pour l’étude de marché quantitative

Nous avons listé pour vous les 10 erreurs à éviter absolument lors de la rédaction des questions d’un questionnaire quantitatif :

  1. Utiliser des mots compliqués, des acronymes
  2. Utiliser des formulations biaisées
  3. Utiliser la double négation
  4. Inclure des questions superflues
  5. Poser des questions sans savoir si la personne interrogée pourra répondre
  6. Poser des questions sensibles (argent, intimité, sexualité)
  7. Poser deux questions en une
  8. Poser une question qui appelle à interpétation
  9. Poser des questions qui font appel à la mémoire
  10. Ne pas répéter la question la plus importante

La règle d’or est de veiller à rester sous les 20 questions et les 10 minutes de temps de réponse. Cette contrainte étant fixée, quelles règles suivre pour bien rédiger les questions de votre sondage en ligne ?

1. Utiliser des mots compliqués

Il fait proscrire les mots techniques, les formulations précieuses et les acronymes. Ils entraînent des difficultés de compréhension supplémentaire pour les répondants que vous pouvez leur épargner. Trouvez des formulations simples et les votre questionnaire s’en verra simplifié, son administration sera plus rapide et les résultats de meilleures qualité.

2. Utiliser des formulations biaisées

Certaines formulations peuvent « diriger » la réponse du répondant (on dit également « biaiser »). Il faut donc veiller à rester neutre, un exercice qui n’est pas toujours facile.
Voici quelques formulations à proscrire absolument :

  • « ne pensez-vous pas que … »
  • « c’est bien, non ? »
  • « diriez-vous que vous êtes …. »

3. Utiliser la double négation

Suite logique du point précédent, la double négation est une formulation alambiquée qui complique la compréhension de la question et ne peut dès lors que causer des problèmes. Évitez-la à tout prix !
Quelques exemples de double négation dans le contexte d’un questionnaire quantitatif :

  • « n’avez-vous pas l’intention de ne pas acheter de voiture cette année ? »
  • « selon vous, l’utilisation du glysophate n’est-il pas sans danger ? »

Pour approfondir cette thématique nous vous conseillons cette lecture divertissante sur le site du Figaro.

4. Inclure des questions superflues

La question que vous allez poser est-elle strictement nécessaire ? Rappelez-vous que vous n’avez que 10 minutes et que seules les questions utiles à votre projet doivent être posées. Cela vaut en particulier pour les questions (à réserver à la fin du questionnaire car ce sont elles qui nécessitent le moins de réflexion) sur l’identité du répondant. Inutile de lui demander le nombre d’enfants à charge et son niveau de revenu si ces facteurs ne sont sans objet pour votre étude.

5. Poser des questions sans savoir si la personne interrogée pourra répondre

Souvent un seul questionnaire suffit. Mais quand vous visez plusieurs segments de clients il faut vous interroger sur ce qui les différencie et en particulier si toutes les questions sont adaptées à tous les segments. Il n’y a rien de pire que de poser une question à laquelle le répondant ne peut donner une réponse. Pensez donc à utiliser des branchements conditionnels pour différencier les différents segments de clients.

6. Poser des questions sensibles (argent, intimité, sexualité)

Certaines questions n’obtiendront que des réponses biaisées. C’est le cas des questions dites « sensibles » qui touche à l’argent, à la sexualité, à l’intimité de la personne.
Voici quelques exemples évidents et d’autres qui le sont moins :

  • Avez-vous un coffre-fort à la maison ?
  • Lisez-vous des magazines érotiques ?
  • Etes-vous heureux(se) en couple ?

Si les réponses à ces questions sont déterminantes pour votre étude de marché, il vous faudra utiliser des formulations moins intrusives et utiliser plusieurs questions pour approcher au plus près de la vérité.

7. Poser deux questions en une

Viser la concision dans un sondage en ligne ou tout autre questionnaire quantitatif est un but louable. Mais à force de vouloir tout compacter vous pourriez, par mégarde, poser deux questions en une … et n’obtenir bien entendu qu’une seule réponse. Pour reconnaître le danger il suffit d’identifier la présence du mot « ou ». « Pensez-vous que x ou y » appellera une réponse par oui ou par non sans que vous sachiez si elle se rapporte à x ou à y.

8. Poser une question qui appelle à interprétation

Ce piège des questionnaires quantitatifs n’est pas facile à déjouer. Un exemple valant mieux qu’un long discours, observez bien les deux questions suivantes :

  • « Avez-vous récemment été au cinéma ? »
  • « Combien consommez-vous en moyenne d’essence ? »

Les mots ou expression en gras sont sujettes à interprétation (ce qui peut être parfaitement voulu si vous utilisez une échelle subjective, c’est-à-dire si votre objectif est de mesurer des perceptions plutôt que des faits tangibles.
Pour revenir à nos exemples, « récemment » peut avoir une signification totalement différente sen fonction du temps libre dont vous disposez. Si vous êtes étudiant « récemment » voudra sans doute dire « la semaine dernière ». Si vous êtes jeune parent, « récemment » pourra être lu comme « ces 6 derniers mois ».
Pour la seconde question le problème est le même. Parlez-vous d’une moyenne en litres par 100 km, en litres par mois, en Euros par mois ? Si toutes ces réponses sont parfaitement valides, vous risquez de découvrir à la fin de votre sondage qu’elles sont inexploitables.

9. Poser des questions qui font appel à la mémoire

« Combien avez-vous acheté de yaourts l’année dernière ? » ; « Que faisiez-vous l’année dernière à la même heure ? ». Ces formulations sont bien entendu extrêmes et peu probables mais elles serviront tout de même à illustrer notre propos.
Faire appel à la mémoire est source de biais car la mémoire est faillible, surtout à long-terme. Nous vous conseillons donc de limiter au maximum ce type de question et de recontextualiser.

10. Ne pas répéter la question la plus importante

Parfois votre sondage sera bâti autour d’une question centrale. Si c’est le cas pensez à la dédoubler en début et en milieu ou fin de questionnaire afin de vous assurer de la bonne compréhension des répondants et de la consistance de leurs réponses. Veillez toutefois à faire varier la formulation afin de ne pas irriter les répondants (qui a envie de répondre deux fois à la même chose ?).

Si des questions subsistaient ou si vous souhaitez nous soumettre votre projet de sondage en ligne ou d’enquête quantitative, il vous suffit de nous contacter.

Crédits image : shutterstock

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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