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Unicredit avertit les investisseurs d’un scénario de réintroduction des devises nationales

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Les chances sont relativement minces pour que vous ayez relevé l’information suivante. Mais elle est intéressante à plus d’un titre et vous permettra peut-être de briller en société.

La banque italienne Unicredit a récemment lancé une augmentation de capital auprès du public. Comme vous le savez sans doute les augmentations de capital (comme tout autre appel au marché d’ailleurs) sont strictement réglementés et les autorités du marché veillent donc à ce que les investisseurs potentiels soient correctement informés. Cette information prend la forme le plus généralement de « notices » où sont repris les risques et caractéristiques du produit. La notice proposée par Unicredit est dans sa forme tout ce qu’il y a de plus classique. Il s’agit d’un document de plus de 300 pages qui résume bien les risques (et il y en a !) et c’est à la page 66 que vous découvrirez la perle :

Furthermore, concerns that the Eurozone sovereign debt crisis could worsen may lead to the reintroduction of national currencies in one or more Eurozone countries or, in particularly dire circumstances, the abandonment of the Euro. The departure or risk of departure from the Euro by one or more Eurozone countries and/or the abandonment of the Euro as a currency could have major negative effects on both existing contractual relations and the fulfilment of obligations by the UniCredit Group and/or customers of the UniCredit Group, which would have a significant negative impact on the activity, operating results and capital and financial position of the Group.

Voilà c’est dit … les investisseurs doivent se souvenir que l’explosion de l’Eurozone et la réintroduction des monnaies nationales n’est plus un scénario complètement irréaliste.

Mon avis :

A ma connaissance il s’agit de la première fois qu’une banque met en garde des investisseurs contre un tel risque. Les sujets autrefois tabou ne le sont plus apparemment mais ne s’agit-il pas là de la porte ouverte à tout et n’importe quoi ? Bientôt on nous demandera de prendre en considération la fin du monde ou les catastrophes naturelles, autant d’occasion pour la banque de se défausser de ses responsabilités.

Ceci étant dit je trouve quand même que la crise a eu de bons côtés (j’en vois déjà qui s’agitent). Premièrement nous avons tous cessé de rêver à un futur à crédit. Les gouvernements des différents pays de l’Euroland prennent des mesures drastiques pour éviter aux générations futures de payer pour nos folies.

Deuxièmement les entreprises commencent enfin à retourner aux racines de leur savoir-faire, à commencer par les banques. Ces dernières entament un virage à 180 degrés et retrouvent le pragmatisme qui leur faisaient défaut (en tout cas de manière temporaire ; on verra sur la longue durée). Les clients en quête de transparence seront servis à condition bien sûr qu’un excès de précaution ne viennent pas entacher cette objectivité naissante. Dans un contexte où les banques sont de plus en plus attaquées par des investisseurs qui se sentent trompés par leur conseiller, il ne faudrait pas que les banques cherchent un blanc-seing pour toutes leurs actions.

Il était temps de réaliser que la course à une croissance basée sur le crédit n’était pas la bonne solution. La décroissance n’en est sans doute pas une non plus. Mais il existe des chemins alternatifs pour un futur meilleur. Une croissance saine et solide, exempte de dette, en est par exemple un. Je veux croire que les décisions qui sont prises par les Etats nous conduiront à un futur meilleur et nous permettrons de repenser nos modèles économiques, nos modèles industriels et de prendre enfin en compte une dynamique mondiale que pour l’instant nous avons plus subie qu’autre chose.

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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