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Comment les smartphones ont modifié notre comportement

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Vous ne lirez probablement pas cet article jusqu’à la fin; la faute aux smartphones.
Les smartphones ont changé nos vies. Pour le meilleur mais aussi pour le pire. Cet article ne traite pas de l’effet positif des smartphones sur nos vies, mais de leurs effets néfastes sur notre comportement et en particulier sur la façon dont ils modifient le fonctionnement de notre cerveau. “Je veux retrouver ma vie d’avant”. Tel était en substance le cri que je poussais en ce début d’année lors je partis en quête d’un avenir meilleur, un avenir où je ne serais plus l’esclave de mon smartphone. Dans l’article d’aujourd’hui, poursuivant cette quête et continuant à lutter contre mes mauvaises habitudes, j’ai assemblé quelques faits qui prouvent que nous sommes devenus esclaves de nos smartphones.

Le problème en bref

Les smartphones sont addictifs parce qu’ils activent dans notre cerveau un système qu’on appelle le système de récompense. En fait, ce n’est pas le smartphone en soit qui fait l’active mais les applications. L’appareil n’est qu’un vecteur.  Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook, a admis qu’il se sentait incroyablement coupable de la façon dont il avait contribué à manipuler les utilisateurs de Facebook et à leur donner leur dose quotidienne de dopamine (voyez son interview ci-dessous et ce passage précis à partir de 3’50”). Ce qui est au cœur du problème, c’est donc ce système de récompense.

Le système de récompense “renforce l’association entre un stimulus ou une séquence de comportements particuliers et la récompense matérialisée par le bien-être qui s’ensuit. Chaque fois qu’une réponse à un stimulus se traduit par une récompense, ces associations se renforcent grâce à un processus appelé “potentialisation à long terme ” (source : Harvard graduate school of Arts and Science).

Pourquoi vérifions-nous les smartphones si souvent ?

Nous, humains, sommes des animaux en quête perpétuelle d’information pour reprendre les termes employés par Adama Gazzaley et Larry D. Rosen dans leur livre. C’est la combinaison de nos habitudes de recherche d’information et de notre volonté de combattre l’ennui qui nous conduit à vérifier nos smartphones si souvent. Parce que l’être humain a un besoin intrinsèque de lutter contre l’ennui, les smartphones sont une solution idéale; ils nous ouvrent les portes d’un monde virtuel où l’information circule continuellement.

Conséquences de la dépendance aux smartphones : le multitâche

La conséquence de tout cela est notre propension maladive à consulter notre smartphone fréquemment à la recherche des informations les plus récentes et ainsi d’obtenir notre dose de dopamine.  Cela a engendré une tendance au “multitâche” dont nous sommes tous témoins. Nous ne pouvons plus résister à la tentation de sauter d’une tâche à l’autre, de vérifier ceci ou cela, de consulter notre “doudou numérique” lors d’une conversation ou en plein travail. Notre élan ainsi coupé à de multiples reprises, nous mettons 2 fois plus de temps à accomplir une tâche que ce qu’il aurait fallu si nous n’avions pas été distraits. Et je ne parle même pas de l’extrême impolitesse ressentie lorsque vous parlez à quelqu’un qui consulte son smartphone. Au final, les habitudes prises avec notre smartphone influencent notre capacité à nous concentrer et réduisent notre productivité.
Pourquoi est-ce ainsi ? Tout simplement parce que le cerveau humain n’est pas conçu pour le multitâche. Vous ne me croyez pas ? Regardez cette vidéo. Vous aurez ainsi la preuve qu’il est physiologiquement impossible de se concentrer sur 2 tâches à la fois.

Chiffres et statistiques sur l’influence des smartphones sur notre comportement

Voici quelques statistiques sur l’effet des smartphones sur notre comportement. Ces statistiques montrent clairement que nos vies sont fortement sous l’influence de cet appareil et que notre comportement en a été radicalement changé.

  • les adolescents pensent qu’ils peuvent jongler avec 6 ou 7 formes de médias en même temps
  • Jusqu’à 95% de la population fait du multitâche chaque jour
  • les adultes vérifient jusqu’à 150 fois leur smartphone par jour (toutes les 6 ou 7 minutes en moyenne)
  • au Royaume-Uni, plus de 50% des adultes vérifient leur smartphone au moins une fois par heure
  • Les 3/4 des propriétaires de smartphones américains sont paniqués lorsqu’ils ne peuvent pas localiser immédiatement leur smartphone.
  • 50% des propriétaires américains de smartphones vérifient leur smartphone au réveil et lorsqu’ils sont encore au lit
  • 1/3 consultent leur smartphone dans la salle de bain
  • 3/10 consultent leur smartphone lors d’un dîner avec d’autres personnes
  • 1/3 des adultes vérifient leur téléphone immédiatement après avoir reçu une notification

Que pouvons-nous faire ?

Cette question n’a de sens que si vous voulez changer votre comportement, en d’autres termes si vous avez conscience que votre comportement actuel est un problème. La plupart des propriétaires de smartphones, soyez-en sûrs, ne voient aucun problème dans l’utilisation qu’ils en font. Il faut avoir une force de caractère certaine pour vouloir changer et je connais des PDG et des soi-disant “top managers” pour qui il est on ne peut plus normal de s’intéresser à son smartphone plus qu’à la conversation en cours et qui ne s’offusquent pas d’avoir un temps d’attention de quelques secondes seulement.
Si vous avez lu cet article cet article jusqu’au bout, vous avez fait le premier pas. Vous êtes conscient du problème et ces quelques lignes vous auront expliqué je l’espère l’origine des symptômes que vous avez observés.

image : shutterstock

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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