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Etude de marché et coaching d'entrepreneurs
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Les barrières à la transmission des entreprises (#rentconference)

Yvonne Slots et Loek Swelsen présentaient à la conférence RENT XXV qui s’est tenue à Bodo (Norvège) leurs recherches consacrées à la transmission des entreprises.

Ce qu’ils ont trouvé est étonnant à plus d’un titre. Leur terrain d’étude était la région de Parkstad aux Pays-Bas, qui borde l’Allemagne à l’est et la Belgique au sud (région du Limbourg). Cette région est caractérisée par un grand nombre de commerces ayant déjà fermé leurs portes. Les deux chercheurs de la Hogeschool Zuid se sont particulièrement intéressés au transfert des entreprises dont les propriétaires  voyaient l(âge de la retraite approcher. Ces entreprises représentent un viviers de 14000 emplois pour la région.

Les barrières au transfert que Slots et Swelsen ont trouvé sont les suivantes :

  • évaluation de la valeur de l’entreprise
  • trouver un candidat repreneur
  • aspects émotionnels
  • manque d’expertise du candidat repreneur
  • problèmes fiscaux
  • difficultés à réunir les fonds

 

Mon avis :

Pour m’être retrouvé moi-même impliqué dans deux dossiers de la sorte ces douze derniers mois, certaines conclusions ne me choquent pas. Deux aspects m’interpellent plus par contre. Tout d’abord le fait que les candidats repreneurs ne trouvent pas auprès de leur banque le soutien financier nécessaire est contre-intuitif. Je comprends parfaitement qu’une banque puisse être frileuse dans le cas d’une nouvelle entreprise dont le business plan repose la plus part du temps sur des intuitions et des chiffres théoriques (peu d’entrepreneurs font une étude de marché pour ne serait-ce qu’un instant confirmer que les hypothèses de leur business plan ne reposent pas que sur du sable). Toutefois dans le cas d’une reprise les chiffres et l’historique bilantaire permettent d’avoir des faits tangibles sur lesquels se baser et si l’entreprise est viable et son prix juste il ne devrait y avoir aucun obstacle à l’obtention des fonds.

Le second aspect concerne les candidats à la reprise. Loek Swelsen expliquait que les entrepreneurs se « réveillent » trop à l’aune de la retraire pour trouver un candidat repreneur. Le processus de transmission doit être engagé longtemps à l’avance et l’entreprise doit être préparée dans ce sens, sans quoi la liquidation pure et simple devient la seule alternative.

Pour finir, la discussion animée qui suivit la présentation permit à Lex Van Treffelen, un autre spécialiste de l’étude des transmissions d’entreprises, de rappeler que ses travaux avaient révélé que dans 50% des entreprises non cédées il avait trouvé des éléments de valeur qui avaient été omis dans l’évaluation du dossier. Cela pouvait être par exemple un emplacement tout à fait intéressant, une expertise particulière qui n’avait pas été mise en avant. Ceci me permet de faire la transition avec ma conclusion.

Nous sommes arrivés à une époque où la génération d’après-guerre part à la retraite. Des milliers de postes seront bientôt à pourvoir et des entreprises seront à céder en pagaille. D’un autre côté le chômage n’a jamais été aussi haut et la crise qui nous attend en 2012 ne va pas permettre d’améliorer la situation. Que fait-on pour stopper cela ? Soyons clairs. Le mise à disposition de fonds pour le rachat d’une entreprise constitue le travail des banques et en aucun cas celui des institutions. Je suis étonné de constater (surtout en Belgique) le nombre d’entreprises qui doivent faire appel aux institutions parce que les banques ne font pas leur travail. Mais que fait-on pour aider les candidats repreneurs ? Il existe bien des programmes payant pour se préparer mais trop peu est fait (pour ne pas sure rien) pour favoriser la transmission, bien moins coûteuse que la création pure et simple et surtout bien moins risquée. Les pouvoirs publics doivent se rendre compte à un certain moment que le secteur de l’IT ne contribue que pour une part négligeable à notre PIB et que les secteurs les moins « sexy » méritent aussi qu’on s’y intéresse.

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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