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D’où vient la créativité ? D’où vient la capacité d’inventer et de se renouveler ?
Dans l’article d’aujourd’hui je vous parle d’innovation bien sûr, mais aussi du mystère de la créativité. L’exemple de la création artistique sert de prétexte à la mise en exergue de 3 facteurs de créativité.

Si vous n’avez que 30 secondes

  1. créativité et simplicité sont intimement liés : chercher à faire simple permet de tendre vers des innovations de rupture (“disruptives”)
  2. une économie de moyens permet de toucher à l’essence des choses et de catalyser l’innovation
  3. la créativité dépend de la convergence d’esprits féconds : elle peut s’exercer intensément à un endroit donné, ou parfois s’étaler dans le temps ou l’espace

Sommaire


Facteur 1 : la simplicité comme moteur d’innovation

Je ne cesse de répéter à nos clients qu’une bonne innovation, c’est-à-dire une innovation qui a comme but premier de satisfaire et fidéliser ses clients, se doit d’être simple. La simplicité est une vertu que les technophiles oublient souvent. Si de la technologie semblent devoir venir la plupart des innovations actuelles, il ne faut toutefois pas que la technologie devienne l’argument central de la stratégie marketing. La simplicité, l’élégance de la solution, doivent primer pour que soit mis l’accent sur la satisfaction du client. Comme le disait Leonard de Vinci : “La simplicité est l’ultime sophistication”.


La simplicité est l’ultime sophistication

Léonard De Vinci


Innover simplement est peut-être la plus difficile des tâches. L’excès de sophistication est une maladie qui affecte 99% des innovations. Pour vous en convaincre il suffit d’observer le marché des smartphones. Que s’est-il passé depuis le lancement de l’iphone en 2007 : les écrans sont devenus plus grands, les appareils photos plus performants. Mais l’iphone de 2007 couvre toujours les besoins de 2020. L’essence même de l’innovation disruptive est sa simplicité. Faire simple est un défi comme le dira en son temps Vincent Van Gogh à Paul Gauguin : “Comme c’est difficile d’être simple”.

Cette quête de la simplicité est une préoccupation fréquente des artistes. Pour vous en convaincre voici 2 exemples.

Brancusi

Le thème de l’oiseau s’ancre dès 1910 dans la création de Brancusi qui s’y consacrera pendant près de 30 ans. Il déclare : “Je n’ai cherché pendant toute ma vie que l’essence du vol”. Cette recherche de l’essence l’oblige à “faire simple”. Conscient de cette filiation entre simplicité et recherche de l’essentiel, il ajoute : “La simplicité n’est pas un but dans l’art, mais on arrive à la simplicité malgré soi, en s’approchant du sens réel des choses”.

Miro

L’œuvre de Miro, onirique, regorge de créations qui cherchent à représenter une émotion, un sensation. En 1924 Miro rejette le réalisme (copie du monde visible). Il crée un nouveau mode d’expression, une nouvelle écriture. Le signe devient signifiant. “Conquérir la liberté, c’est conquérir la simplicité. Alors, à la limite, une ligne, une couleur suffisent à faire le tableau”, dit-il.

Joan Miró. Poema (III), 1968

Joan Miró. Poema (III), 1968


On a retenu les noms de Van Gogh, Brancusi, Miro pour la force de leur créations artistiques, au même titre qu’on retient les noms de Steve Jobs et James Dyson pour leur créativité technologique. Le parallèle vaut donc la peine d’être fait entre des champs apparemment éloignés.


Facteur 2 : le réseau, un élément essentiel pour faire jaillir les idées

Dans ce paragraphe il sera question de la créativité qui naît des échanges avec d’autres personnes. En d’autre termes, il s’agit de montrer que la concentration d’esprits féconds permet de booster la capacité créatrice.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la créativité naît de l’inspiration insufflée par d’autres artistes. J’avais parlé dans un autre article de la manière dont les artistes réinventaient l’œuvre de leurs prédécesseurs ou de leurs contemporains en prenant pour exemple Caravage et Rubens. Il est avéré que le cours de l’Art a été également influencé par des foyers de création, des creusets où les artistes alimentent leur inspiration et font progresser leurs idées. On pensera bien entendu aux Pays-Bas au XVIIème siècle. Le siècle d’Or comme on l’a appelé, s’est construit sur l’insolente richesse dégagée par le commerce avec les Indes et sur la naissance de plusieurs générations d’artistes “subventionnés” par ces richesses. Venise a été un autre centre de créativité important pour les mêmes raisons. Au carrefour des routes maritimes, les richesses de la ville ont attiré les artistes les plus talentueux qui, se faisant, ont contribué à un foisonnement créatif encore jamais vu : les Bellini, Titien, Tintoret, Véronèse, Tiepolo ont marqué de leur empreinte la ville. Ils ont entraîné dans leur sillage des artistes moins connus qui ont essaimé dans tout le pays (à l’image de Carlo Crivelli qui, parti de Venise, a fait sa carrière dans les Marches), ou d’autres qui connaîtront la fortune ailleurs (le Greco par exemple).

La richesse monétaire n’est toutefois pas une condition sine qua non pour favoriser cette émulation. En Nouvelle-Guinée, la vallée du fleuve Sepik est reconnue pour l’intensité de sa création artistique. Les richesses au sens occidental du terme sont un concept étranger à cet endroit reculé (encore aujourd’hui) de la planète. On pensera également au cubisme, né à Paris au milieu d’artistes vivant chichement, émigrés pour la plupart (Picasso, Modigliani, Gris, …).

De gauche à droite : Portrait d’Innocent X par Velazquez (1650, Galerie Borghese, Rome) ; Le pape aux Hiboux par Francis Bacon (1958, Musée Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles)

Mais cette collision des idées s’étend parfois sur de longues distances, temporelles ou géographiques. Temporelles d’abord comme en témoigne le travail obsessionnel de Bacon depuis l’œuvre de Velazquez (ci-dessus). Géographique ensuite comme en témoigne bien évidemment l’intérêt des cubistes pour les Arts encore appelés “primitifs” à la fin du XIXème siècle.

Comment ne pas voir cette influence lorsqu’on compare ce masque Mahongwé (Congo, ci-dessous) et les Demoiselles d’Avignon de Picasso. Pourtant, l’artiste catalan n’a jamais eu l’occasion de voir ce masque en particulier. Il a été documenté et ramené en Europe après que les Demoiselles d’Avignon ont été peintes. Intéressante trajectoire artistique que celle-là qui fait entrer en collision des artistes séparés, si ce n’est par plusieurs décennies, au moins par des milliers de kilomètres.

De gauche à droite : Les Demoiselles d’Avignon, Pablo Picasso (1907, MoMA, New-York) ; masque Mahongé, Congo (non daté, fondation Barbier-Müller, Genève)

Il semblerait donc que la création artistique converge à certains moments, vers des formes et des motifs donnés. Une convergence qui a d’ailleurs été également observée dans les domaines scientifique et technologique. Comme le rappellent Ogburn et Thomas (1922) dans leur article “Are Inventions Inevitable? A Note on Social Evolution“, les tâches solaires ont été découvertes en 1611 simultanément par 4 scientifiques dans 4 pays différents. Galilée en Italie, Scheiner en Allemagne, Fabricius en Hollande et Harriott en Angleterre. Jetez un œil à cet article pour vous convaincre d’une chose : lorsque les conditions sont réunies, une même idée peut germer simultanément à plusieurs endroits.


Facteur 3 : quand on a rien, on doit être créatif

La réponse à cette question m’est apparue clairement lors d’une visite au Louvre. Dans une des salles sont présentés les objets liés à l’Art de la civilisation cycladique. Ce groupe d’îles de la mer Egée a vu naître au IIIème siècle une civilisation qui produisait des idoles en marbre blanc d’une remarquable pureté esthétique.

De gauche à droite : figures en forme de violon (îles des Cyclades, 3300-2700 BC), idole (îles des Cyclades, 3300-2700 BC), Figures Tipo Kilia (Anatolie occidentale, 3300-300 BC), Idole à lunettes (Asie occidentale, 3300-3000 BC)

Les limites techniques au travail du marbre ont sans doute imposé aux artistes des Cyclades une économie de moyens dans le façonnage de leurs œuvres. La même économie de moyens se retrouve dans d’autres figurines réalisées à des époques similaires en différents lieux du continent européen et au Moyen-Orient : en Anatolie occidentale (vers 3300-3000 avant JC), en Sardaigne (vers 4000-3000 avant JC), à Chypre (vers 4000 ans avant JC). La proximité esthétique de ces figures féminines a d’ailleurs inspiré une vidéo (voir ci-dessous) qui nous incite à réfléchir aux facteurs qui ont engendré cette proximité.


La paucité des ressources est un catalyseur de la créativité.


Alors bien sûr il y aurait pu avoir des échanges entre ces peuples. Mais ne serait-il pas plus élégant d’envisager une autre hypothèse, celle d’une contrainte imposée par la matière et par la technologie disponible à cette époque reculée. Des techniques limitées qui imposent de facto une économie de moyens et une obligation de simplicité.

Dans le business également cette économie de moyens est source de créativité. Prenez l’exemple de Timothy Prestero. Il a inventé une couveuse pour nouveaux-nés à partir de pièces de voitures. La technologie est simple. Tellement simple que même dans les pays les plus reculés, les populations locales sont en mesure de faire les réparation elles-mêmes. La valeur ajoutée est énorme puisque les couveuses hautement technologiques ont une durée de vie de quelques années seulement dans ces pays. Autre exemple véridique, celui de la mission Apollo 13. Un filtre à C02 dût être créé à partir de rien pour sauver les astronautes.

En d’autres termes : la paucité des ressources est un catalyseur de la créativité. Vous innoverez mieux dans le dénuement.


En guise de conclusion

Dans cette article j’ai essayé de montrer que la créativité nécessitait la réunion de plusieurs conditions préalables :

  1. un réseau de personnes avec lesquelles échanger afin de faire s’entrechoquer les idées. Ce choc peut se dérouler à un endroit précis (Amsterdam au XVIIème siècle, Venise au XVème siècle, Paris au XXème) ou à distance (Bacon-Velazquez, Art Africain-Cubisme)
  2. une volonté de chercher la forme la plus pure d’expression (l’essence)
  3. une économie de moyens


Images : shutterstock, Pierre-Nicolas Schwab

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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