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Impact de la récession manufacturière sur le développement IT

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La situation actuelle sur les marchés européens montre des tendances négatives dans la plupart des secteurs. Le marché de l’IT est touché également, en particulier pour les sociétés travaillant pour des clients industriels. Dans cet article nous analysons la situation passée et à venir et évoquons les actions que les sociétés de développement IT peuvent prendre afin de minimiser leurs pertes et devenir plus résilientes.

Sommaire

 

Si vous n’avez que 30 secondes

Dans cet article, nous nous intéressons à la dépendance des éditeurs de logiciel à l’activité industrielle en Europe et aux mesures qui peuvent être prises pour gagner en résilience.

Les entreprises manufacturières réduisent les coûts des services qu’elles pensent être non essentiels :

  • réduction de leur palette d’outils informatiques
  • arrêt des contrats de consultance externe
  • arrêt de l’externalisation du développement dans les pays de l’Est (near-shoring)

Dans ces conditions, les sociétés de développement IT seront négativement impactées et doivent se préparer à la situation à venir. Nous proposons une réflexion au niveau macro et micro pour y faire face, avec un accent particulier mis sur la recherche de nouveaux marchés.

Quatre chocs

L’industrie du logiciel a subi 4 chocs au cours des deux dernières années.

Premier choc

Le premier choc a eu lieu lorsque les bureaux ont fermé et qu’un besoin immédiat d’outils de collaboration à distance s’est fait sentir. Toutes les entreprises n’ont pas été en mesure de le mettre en œuvre facilement. La croissance de certaines en a été affectée. Ce choc est devenu l’occasion pour les équipes agiles de s’essayer à un mode de travail 100% en distanciel, assez différent du mode hybride qui prévalait auparavant.

L’un des exemples les plus symptomatiques de cette première phase a été la multiplication par 30 de l’utilisation de Zoom. Un autre exemple est celui des applications de livraison de produits alimentaires, dont le nombre d’utilisateurs a augmenté de 41 %, une tendance déjà bien visible au déclenchement de la crise dans les recherches Google.

Deuxième choc

Le second choc, cette fois positif, est lié à la digitalisation des activités. Le mode de travail à distance a entraîné une révolution, y compris dans des secteurs qui en avaient été préservés comme l’administration. Un exemple frappant de la numérisation de l’administration publique est que 47 % de tous les bureaux des administrations locales en Allemagne ont introduit de nouveaux services en ligne depuis le début de la pandémie. Cette évolution s’est généralisée à l’ensemble de l’UE.

Il s’agissait sans aucun doute d’une opportunité, en particulier pour les entreprises nationales par rapport à celles qui délocalisent. En effet les politiques sont devenues plus protectionnistes. Malgré la chute quasi immédiate de la production qui a entraîné une baisse du PIB de 6,1 % dans l’UE (2020), la plupart des entreprises de logiciel ont prospéré grâce à un pic de la demande de services.

Troisième choc

Le troisième choc, lui aussi positif, a été une reprise économique progressive après l’affaiblissement de la COVID. Les niveaux de production ont augmenté nettement sous l’effet combiné de la baisse des restrictions et d’une impulsion financière au niveau de l’UE et des pays. Eurostat a indiqué une augmentation de 8 % de la production de produits manufacturés en 2021 par rapport à 2020 dans l’UE. Cela a également eu un effet positif sur les équipes informatiques, qui ont pu retourner dans les bureaux et accroître leur efficacité. Cependant, elles ont découvert qu’un mode de travail en distanciel était plus efficace que le travail en présentiel. Des réductions de surfaces de bureaux s’en sont suivies.

Cette situation favorable a entraîné un boom du marché de l’emploi et créé un déficit en développeurs et autres spécialistes IT.

Quatrième choc

Le quatrième choc a été la guerre russo-ukrainienne qui a fortement affecté l’ensemble de l’économie de l’UE, y compris le secteur du logiciel. Cette perturbation majeure a entraîné des flux migratoires massifs, une mise sous tension de la supply-chain, des exportations et, surtout, de l’importation d’énergies fossiles. Au choc de croissance positif succèdera vraisemblablement une récession.

Dans cette situation les grandes entreprises manufacturières rentrent dans un mode de survie. Les entreprises automobiles allemandes commencent à couper dans leurs budgets R&D et le développement de nouvelles lignes de véhicules. Les activités de développement IT en sont négativement affectées.

L’indice PMI (Purchasing Managers Index) est inférieur à 50, son point de bascule. De plus, les commandes PMI ont baissé de 10% en glissement annuel pour les principales économies européennes. La récession est inévitable.

Quelles sont dès lors les options qui s’offrent aux sociétés des développement IT dans la période troublée qui s’annonce ?


Récession temporaire ou crise technologique ?

Tous les événements décrits ci-dessus modifient à la fois les comportements des sociétés manufacturières et ceux des clients finaux. Les premières doivent faire face à une augmentation de leurs coûts de production. Les seconds voient leur pouvoir d’achat se réduire drastiquement.

Le signe le plus évident de la crise de l’industrie automobile est la baisse des immatriculations de nouveaux véhicules (-20,3 % au premier trimestre 2022), sans que cela entame toutefois la rentabilité des constructeurs automobiles. Ces derniers prévoient que la production allemande de véhicules sera amputée de 700.000 unités. Une situation similaire est observée dans les autres secteurs industriels, notamment à cause de la flambée des coûts de l’énergie et l’arrêt des usines.

Il pourrait s’agir ici d’un changement de paradigme et du début d’une décroissance. Les besoins les moins vitaux de l’Etre Humain sont peu à peu laissés de côté sous la contrainte économique. Il est utile d’avoir en tête la pyramide de Maslow pour anticiper les changements de priorité à venir.

maslow pyramid of needs

Ce fonctionnement en tandem (coûts de production / pouvoir d’achat) a plusieurs conséquences :

  • Le pouvoir d’achat dicte les prix finaux. S’il ne s’améliore pas, il sera de plus en plus difficile d’optimiser les niveaux de production sans réduire les projets.
  • Ce sont les PME qui sont les premières affectées car elles sont généralement moins compétitives que les grandes entreprises.
  • La satisfaction client pourrait ne pas souffrir de l’arrêt des projets industriels, par exemple de la réduction du rythme de renouvellement des voitures. Cette réduction du nombre de projets industriels entraînerait des faillites parmi les PME dont l’activité était jusqu’à présent liée aux projets industriels.
  • Le soutien artificiel de l’UE et des gouvernements au secteur technologique, y compris le domaine des logiciels, pourrait diminuer de manière significative en raison de la diminution des réserves des banques centrales et de la hausse de l’inflation.

 

Comment préparer votre entreprise à la récession ?

Plusieurs types d’actions peuvent être entreprises pour limiter les risques. Le message est clair : il faut se mettre en mode « survie ». Nous distinguons dès lors 2 types de mesures à prendre :

  • niveau macro
  • niveau micro

Mesures à prendre au niveau macro

La situation au niveau macro est hors du contrôle des entreprises. Il n’y d’autre choix que s’adapter. Rien n’empêche toutefois de se réorienter pour trouver les marchés macro les plus attractifs, que ce soit au niveau sectoriel ou au niveau géographique.

Pour les entreprises de développement IT situées en Europe, les fuseaux horaires rendent peu pratiques les prestations pour des clients américains. Nous vous conseillons plutôt de vous intéresser aux marchés du Golfe, où la prospérité est assurée grâce aux revenus du pétrole et du gaz. Le fuseau horaire varie dans une fourchette de +1 à +3 heures, ce qui est très pratique pour travailler ensemble et synchroniser les équipes.

Une autre option pour contrer une telle crise pourrait être une baisse des prix des services/licences afin de rendre les prestations IT plus abordables pour leurs clients. Cela aura un impact négatif évident sur le marché de l’emploi en informatique, mais à notre avis, la plupart des entreprises établies ont encore une marge de sécurité suffisante et elles pourront au moins « geler » leurs équipes sans menacer leur survie.

Conditions au niveau micro

Les mesures au niveau micro s’appuient sur des étapes d’optimisation des projets en cours et des équipes. La priorité est de garder les clients clés.

Une autre mesure serait, malheureusement, un changement de la politique en matière de ressources humaines. Dans un mode « survie » il peut être envisagé de geler les embauches voire de licencier. Les jeunes diplômés en seraient directement affectés.

Nous vous renvoyons également aux 9 mesures micro dont nous avons parlé dans cet article. Nous y avons notamment abordé la flexibilisation de la politique en matière de ressources humaines.

Conclusions

Il n’y a pas de réponse simple aux problèmes décrits ci-dessus, mais il existe quelques options que chaque entreprise de développement IT peut prendre afin de minimiser les pertes et traverser des périodes incertaines.

Une récession n’est pas encore une crise. Elle peut donc être utilisée pour préparer les bases d’une future reprise économique. La diversification de la clientèle et des marchés géographiques, associée à une politique d’embauche judicieuse, est, selon nous, la clé d’une croissance durable.



Cet article a été écrit sur proposition d’IntoTheMinds par Viktor Vyhor. Il a été revu et édité par Pierre-Nicolas Schwab dans sa version française.

Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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