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Pourquoi vous ne devriez pas porter d’objets connectés

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Jusqu’à présent, les assureurs devaient se contenter de questionnaires déclaratifs pour évaluer le risque que vous représentiez. Certains de ces questionnaires pouvaient déjà être très intrusifs; tellement d’ailleurs que l’organisation belge de défense des consommateurs belges Test Achats a exhorté les compagnies d’assurance à adapter ces questionnaires (lien en français).

L’évaluation étant réalisée au moment de votre demande d’adhésion, la tâche de l’assurance en est compliquée. Votre assurance doit en effet prédire le risque que vous représentez pour les x prochaines années et adapter la prime en conséquence. C’est là que se situe tout l’enjeu pour l’entreprise : sous-estimer la prime c’est faire une perte ; la sur-estimer c’est risquer de perdre un client. Les objets connectés représentent une formidable opportunité pour les assurances d’en savoir plus sur vous. Si vous décidez de porter un dispositif surveillant votre pouls, la fréquence cardiaque et vos autres informations potentiellement vitales, soyez cependant conscient du risque que ces données font peser sur vous si elles sont captées par les compagnies d’assurance et utilisées à mauvais escient. Comme un récent article de Slate le rappelle, on peut en savoir beaucoup sur la santé d’une personne en ayant accès à certaines informations de base pendant un temps suffisamment long.

Des frais moins élevés pour ceux qui font du sport

Les compagnies d’assurance sont donc venues avec une bonne idée pour accéder à vos données les plus intimes: vous promettre de payer moins en échange de ces données. Cette réduction vous est acquise si vous vous portez volontaire pour porter un appareil contrôlant vos données vitales et si vous faites du sport. En théorie donc rien de plus simple. C’est exactement le même schéma avec les assurances automobiles et les boîtes noires qui y sont installées pour surveiller votre comportement de conduite. À une exception près cependant. Vous pouvez décider de votre comportement de conduite. Vous ne pouvez pas complétement décider de l’évolution votre santé en dépit de tout le sport que vous pourrez faire. Il y a un héritage génétique que vous ne pouvez pas contrôler et c’est la raison pour laquelle les risques doivent être partagés entre tous les assurés. C’est un principe juste.

La véritable stratégie des assurances pour tout savoir sur vous

Les compagnies d’assurance ont un plan pour vous leurrer. Il est en 4 étapes.

  • Étape 1 : Emporter l’adhésion des clients pour le port occasionnel d’objets connectés
  • Étape 2 : Une fois que les clients se laissent contrôler occasionnellement pour payer moins cher, leur offrir de porter en permanence un dispositif permettant de surveiller leurs données vitales telles que battements cardiaques, pression artérielle, etc … Faire ceci sous couvert d’objectifs idéaux, pour le bien du client, etc …
  • Étape 3 : une fois qu’une part importante des clients a adhéré à l’idée de porter un tel dispositif, le rendre obligatoire au moment de la souscription de l’assurance. Retourner le principe volontaire initial et pénaliser financièrement ceux qui refusent de le porter
  • Étape 4 : introduire la possibilité de révisions de primes périodiques en fonction des données récoltées par le dispositif et transmises à l’assurance

Conclusion: ne croyez pas les compagnies d’assurance

Les compagnies d’assurance sont des entreprises commerciales dont la finalité est de faire du profit (le plan de restructuration d’Axa est là pour le prouver). Cela signifie que leur priorité est de servir des dividendes à leurs actionnaires. Pour atteindre cet objectif, les assurances doivent réduire leurs coûts et augmenter leurs revenus. Les coûts sont créés principalement par les risques qui doivent être compensés. Les objets connectés offrent une opportunité unique pour les compagnies d’assurance de mieux contrôler ces risques et, par conséquent, les coûts associés. Au final ce qui risque de se passer c’est la perspective effrayante de voir certains produits réservés uniquement aux clients avec les profils de risque plus faible. Ne soyez pas dupe. Ne croyez pas les promesses actuelles.

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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