Le blog de l'agence marketing IntoTheMinds
Etude de marché et coaching d'entrepreneurs

Les boîtes noires sont-elles l’avenir de l’assurance automobile ?

Partager cet article sur

Les capteurs télématiques, également appelés boîtes intelligentes ou boîtes noires, sont des dispositifs installés dans une voiture pour surveiller le comportement du conducteur (vitesse, accélération, décélération, …). Ils sont de plus en plus utilisés par les compagnies d’assurance pour développer une offre dite « pay-as-you-drive » dans laquelle votre comportement de conduite détermine le prix que vous payez. Cette offre tarifaire peut être particulièrement intéressante pour les jeunes conducteurs qui sont d’ordinaire obligés de payer des primes d’assurance élevées.

Les jeunes conducteurs sont victimes de leur jeunesse

Les statistiques sont éloquentes : 25% des accidents sont causés par les jeunes conducteurs. C’est un fait objectif, commun à de nombreux marchés, qui explique les conditions tarifaires particulièrement défavorables aux jeunes. Pourtant tous ne présentent pas objectivement le même niveau de risque.

Des applications mobiles aux capteurs télématiques

Il existe deux types de technologies sur le marché pour mesurer le comportement du conducteur: les applications mobiles et les capteurs télématiques. Les applications mobiles sont populaires auprès des assurances à bas prix, mais pas seulement. Axa Belgium a ainsi lancé son application fin Février. Les capteurs télématiques quant à eux sont généralement l’apanage des compagnies qui ont l’ambition de faire quelque chose des données collectées.

La raison de cette différence est simple : la précision. La précision des applications mobiles est en effet limitée par la précision même du smartphone (GPS, accéléromètre) et elle n’est généralement pas assez bonne. Une différence de quelques mètres peut faire une grosse différence au moment de la reconstitution d’un accident. Les capteurs télématiques, fournis et gérés par des entreprises tierces comme Octo Technologies, offrent beaucoup plus de précision et sont conçus pour répondre aux objectifs des assurances.

En bref, les applications mobiles sont plus un outil de marketing qu’un dispositif d’analyse réel.

Les différences culturelles

En Belgique, AG assurance a réalisé un premier test à petite échelle avec les employés. On ne sait cependant pas si ce test donnera lieu à un déploiement à grande échelle. Les boîtes noires souffrent en effet d’un problème d’adoption en Belgique et dans d’autres pays où elles sont perçues comme intrusive. De plus, la structure du marché joue également un rôle sur l’adoption du dispositif. En Belgique, par exemple, 60% du marché de l’assurance passe par les courtiers; en France 50% du marché passe par les «mutualités», ce qui permet de dégager un énorme pouvoir de négociation.

L’absence de relation directe rend difficile pour une compagnie d’assurance la possibilité d’imposer le boîtier intelligent à ses assurés car ces derniers n’ont pas un incitatif financier suffisant.

La situation est différente aux États-Unis et en Italie. Avec 4 millions de boîtes noires, l’Italie peut être considéré comme le pays le plus équipé et il y a une raison culturelle à cela : la fraude! Le risque de fraude a conduit les compagnies d’assurance italiennes à augmenter les prix dans une telle proportion que la boîte noire est le seul moyen de payer sa responsabilité civile à un prix acceptable.

Conclusion

Nous pensons que les applications mobiles proposées par les compagnies d’assurance pour surveiller le comportement des conducteurs servent plus une stratégie de marketing et de communication qu’une stratégie tarifaire et Big Data.

Les compagnies d’assurance qui prennent l’aspect analytique au sérieux opteront pour les capteurs télémétriques. Mais ces derniers, par leur caractère intrusif perçu, représentent un défi en matière d’adoption dans la plupart des pays. En outre les expériences récentes montrent que la présence de la boîte noire n’est pas une variable qui permet de prédire de manière infaillible le risque associé à un client. D’autres dispositifs de collecte de données seront donc nécessaires pour enrichir le modèle de prédiction du risque.

Étiquettes : , ,

Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

Partager cet article sur

Envoyer un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *