Dans cet article, nous faisons un point exhaustif sur le marché du bricolage en France. Notre institut d’études de marché a analysé l’ensemble des chiffres jusqu’en 2025 pour comprendre les raisons du ralentissement de ce secteur et vous proposer une lecture des tendances 2026.
Le marché français du bricolage traverse actuellement une période de transition majeure. Après des années de croissance exceptionnelle portées par la crise du COVID et l’essor du télétravail, le secteur fait face à un ralentissement significatif qui interroge sur ses perspectives d’avenir. En tant que spécialiste des études de marché en France, nous avons analysé tous les chiffres à notre disposition et partageons avec vous nos conclusions. Nous voyons des tendances contrastées entre segments porteurs et secteurs en difficulté, dans un contexte économique incertain. Malgré tout, l’année 2025 s’annonce meilleure que 2024, mais le marché du bricolage reste en souffrance.
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L’essentiel à retenir
- Le marché du bricolage français a reculé de 4,3% en 2024 avec 22,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires
- En Juillet 2025, le chiffre d’affaires du bricolage en France s’établit à 1,4 milliard d’euros sur la période août 2024-juillet 2025, en baisse de 5,2% en valeur et 4,7% en volume (sur 12 mois glissants par rapport à la période août 2023-juillet 2024).
- Les catégories qui baissent : outillage (-16,7%), éclairage (-6,4%), jardinage “classique” (-5,9%), bricolage et décoration (-21,1%)
- Les catégories qui résistent : plantations et semences (+0,7%), accessoires et matériaux de bricolage (+1,6%), aménagement extérieur et articles de camping (+2,2%)
- Entre 27% et 29% des Français déclarent avoir renoncé ou reporté des travaux à cause du contexte économique
- 60% des Français se disent prêts à louer des outils dans les six prochains mois (+7 points en 2 ans). C’est le résultat direct de la perte de pouvoir d’achat.
- Weldom est la seule enseigne de bricolage en croissance en 2025
- La digitalisation s’accélère avec 5,3% des ventes réalisées en ligne
- Les enseignes misent sur la rénovation énergétique comme relais de croissance
Un marché en correction après l’euphorie post-Covid
Notre étude du marché du bricolage révèle une normalisation progressive après l’emballement des années 2020-2021. Le secteur du bricolage en France affiche un chiffre d’affaires de 22,1 milliards d’euros en 2024, soit une baisse de 4,3% par rapport à l’année précédente. Cette correction s’inscrit dans un mouvement plus large puisque l’ensemble du marché de l’amélioration de l’habitat recule de 7,5% sur 11 mois.
Cette évolution ne constitue pas pour autant un effondrement. Le marché reste largement au-dessus de son niveau pré-pandémie, avec une progression de plus de 20% par rapport à 2019. L’analyse sectorielle montre plutôt un « atterrissage en douceur » après une période d’expansion exceptionnelle alimentée par les confinements et l’engouement pour l’amélioration de l’habitat.
Les grandes surfaces de bricolage amortissent mieux le choc que d’autres circuits de distribution. Leur positionnement sur les produits d’entretien et de réparation leur permet de maintenir une activité plus stable face aux arbitrages budgétaires des ménages.

Weldom est la seule enseigne de bricolage à afficher une croissance en 2025. Toutes les autres signent des performances négatives sur l’année écoulée.
Marché du bricolage : les chiffres 2025
En 2025, le marché français du bricolage et du jardinage reste inscrit dans une dynamique globalement négative ancrée dans celle du marché du non-alimentaire, mais montre des signes de stabilisation progressive.
Analyse globale
Sur le périmètre du bricolage-jardinage en grande distribution (GMS), le chiffre d’affaires cumulé annuel à fin juillet 2025 s’établit à 3,6 milliards d’euros, en recul de 2,2% en valeur et d’environ 2% en volume. Dans le détail, le bricolage demeure le segment le plus en difficulté, avec un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros, en baisse de 5,2% en valeur et 4,7% en volume, tandis que le jardinage et l’aménagement extérieur atteignent 2,2 milliards d’euros, affichant une quasi-stabilité à -0,1% en valeur et un volume stable. Le marché du jardinage résiste donc mieux que celui du bricolage.
Du point de vue conjoncturel, l’année 2025 est marquée par plusieurs effets météorologiques ponctuels qui ont contribuer à soutenir le marché du bricolage
- Canicule : les épisodes de fortes chaleurs ont entraîné une explosion des ventes de ventilateurs et climatiseurs, avec une hausse de 218% en mai-juin et environ 1,5 million d’unités vendues tous circuits confondus. Les barbecues totalisent environ 2 millions d’unités vendues sur douze mois, en progression de 9,1 %.
- Moustiques : Le segment des produits antimoustiques apparaît comme l’un des moteurs les plus dynamiques, avec un chiffre d’affaires cumulé de 53 millions d’euros à fin juin 2025, en hausse de 15 %, et un marché global des insecticides ménagers en croissance de 7 millions d’euros, soit également +15 % sur un an. Ces performances restent cependant très dépendantes de facteurs exogènes comme la météo ou les préoccupations sanitaires, et ne traduisent pas à elles seules une reprise structurelle.
Analyse par catégories
L’analyse par catégories met en évidence des contrastes marqués. Nous reviendrons spécifiquement sur le marché du jardinage dans un article dédié mais vous donnons déjà quelques clés de compréhension dans ce paragraphe.
Certaines familles de produits affichent une dynamique clairement positive en 2025 :
- Plantations et semences : 1,11 milliard d’euros de CA avec une croissance de +0,7% en valeur et en volume
- Accessoires et matériaux de bricolage : 676m€ de CA, en hausse de +1,6% en valeur et +1,7% en volume
- Aménagement extérieur et articles de camping : 666m€, en progression de +2,2% en valeur et +2,6% en volume
Ces segments bénéficient directement d’un recentrage des dépenses des ménages sur l’entretien, l’usage immédiat et les équipements liés à l’extérieur, dans un contexte où les projets lourds restent différés.
À l’inverse, plusieurs univers continuent de décrocher nettement en 2025 :
- Outillage : chute de 16,7% en valeur et en volume
- Éclairage : baisse de 6,4% en valeur et 5% en volume
- Jardinage “classique” : baisse de 5,9%
- Bricolage et décoration : chute de 21,1 % (les achats non essentiels et décoratifs sont clairement reportés)
Ces évolutions confirment la poursuite des arbitrages budgétaires défavorables aux équipements durables ou coûteux, dans un environnement économique encore incertain.
Analyse des canaux de distribution
Les circuits de distribution confirment en 2025 une recomposition lente mais nette.
- Magasins de proximité : progression solide, avec 159m€ de chiffre d’affaires et une croissance de +3,4% en valeur et +4,1% en volume
- E-commerce : 54 millions d’euros de CA, en hausse de +5,3% à +5,8% selon les indicateurs.
- Hard-discount : en recul de près de 9%
- Supermarchés : en baisse d’environ 1,6%
L’analyse par canal de distribution confirme que la croissance ne provient pas du “prix bas” généralisé, mais davantage de la praticité, de la disponibilité et du service. Ceci est en ligne avec l’analyse que nous avions réalisée sur le futur des formats de magasins. Nous avions correctement prédit comme tendance n°1 le futur des magasins de proximité de petit format.
Analyse par enseigne
Du côté des enseignes, l’année 2025 confirme des écarts de performance importants. La majorité des grands acteurs du bricolage reste en recul, prolongeant les tendances observées en 2024, avec des baisses significatives chez les enseignes les plus orientées “projets”.
L’exception notable vient de Weldom (qui est d’ailleurs un de nos clients 😉), seule grande enseigne en croissance avec 1,78 milliard d’euros (+2,1%). Cette performance s’inscrit dans une trajectoire remarquable : +17% en 2022, +24% en 2023, puis encore une progression en 2024. Cette réussite illustre l’importance du positionnement et de l’adaptation aux nouveaux besoins des consommateurs.
Les enseignes orientées « projets » souffrent davantage dans ce contexte de crise immobilière et de report des chantiers. À l’inverse, celles positionnées sur l’entretien et la proximité résistent mieux aux turbulences du marché.
Enfin, sur l’amont industriel, les données de marché disponibles jusqu’en 2025 confirment une situation encore tendue. L’indice de solvabilité moyen des entreprises adhérentes à INOHA recule à 6,5 en octobre 2025 contre 7,1 en 2023, et près de 50% des entreprises du panel sont désormais classées à risque moyen ou élevé. Cette fragilisation financière limite les capacités d’investissement dans l’innovation, la modernisation industrielle et la montée en gamme, au moment même où le marché exige davantage de solutions durables, réparables et économes.
Au final, l’année 2025 apparaît comme une année de transition avancée plutôt que de redémarrage. Le marché reste orienté à la baisse sur la plupart des indicateurs globaux, mais la contraction est moins généralisée qu’en 2024 et laisse apparaître des segments clairement porteurs centrés autour de :
- l’entretien
- l’extérieur
- l’usage immédiat
- la proximité
- le digital.
Les données que notre cabinet a analysé montrent que la demande n’a pas disparu, mais qu’elle demeure fortement contrainte et sélective, ce qui prépare davantage le terrain d’un redémarrage progressif que celui d’un rebond rapide.
50% des entreprises du panel INOHA sont classées à risque moyen ou élevé de solvabilité.
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Pourquoi le marché du bricolage ralentit
Plusieurs éléments convergent pour expliquer cette dynamique de marché bricolage moins favorable. La crise immobilière constitue le premier facteur d’explication. Avec seulement 750000 transactions immobilières en 2024 contre 935000 l’année précédente, le « réservoir de projets » s’est contracté mécaniquement.
Les comportements d’arbitrage des ménages représentent le second facteur déterminant. Entre 27% et 29% des Français déclarent avoir renoncé ou reporté des travaux à cause du contexte économique. Cette tendance touche particulièrement les projets d’isolation (27%), la rénovation de cuisine ou salle de bains (28%), le chauffage (29%) et les gros travaux extérieurs (29%).
Cette bascule vers le report se traduit concrètement dans la structure des ventes. Les dépenses se concentrent désormais sur l’entretien et la réparation plutôt que sur les projets d’envergure. Les peintures et enduits intérieurs affichent ainsi une progression de 9% quand la plomberie-salle de bain-cuisine recule de 5,1%.
La digitalisation : levier de transformation
Le e-commerce représente désormais 5,3% des ventes en grandes surfaces de bricolage, en progression de 0,5 point. Cette digitalisation graduelle mais réelle transforme les modèles économiques du secteur. Les enseignes développent leurs plateformes en ligne et lancent des marketplaces pour monétiser leur audience.
Kingfisher affiche un e-commerce à 19% des ventes en France, avec une marketplace représentant 14% des ventes en ligne de Castorama. Ces chiffres illustrent l’accélération de la transformation digitale du marché français du bricolage.
Les investissements dans le retail media se multiplient également. Les enseignes créent leurs propres régies publicitaires pour valoriser leur trafic et leurs données clients, ouvrant de nouveaux relais de croissance dans un marché sous pression.

La santé du secteur de la construction est un indicateur sous-jacent important pour comprendre la dynamique du marché du bricolage. Les primes que l’Etat accorde pour la rénovation énergétique conditionnent en particulier la santé du secteur et sa croissance.
L’enjeu de la rénovation énergétique
La rénovation énergétique représente un marché de 30 milliards d’euros par an, constituant une opportunité majeure pour les acteurs du bricolage. Leroy Merlin annonce un effort de 100 millions d’euros supplémentaires sur cinq ans pour se positionner sur ce segment, complété par 50 millions d’euros de dépenses de formation.
Cependant, ce marché reste fragile face aux incertitudes réglementaires. Les épisodes de suspension de MaPrimeRénov’ créent de la volatilité et compliquent la planification des investissements. Les enseignes développent néanmoins des parcours d’accompagnement clients et nouent des partenariats avec des spécialistes RGE.
Cette orientation vers la rénovation énergétique s’accompagne d’une montée des préoccupations environnementales. 74% des Français se disent influencés par les étiquettes énergie, 61% par l’indice de réparabilité et 51% par le label origine France.

La baisse du pouvoir d’achat a un effet direct sur les modes de consommation sur le marché du bricolage. La location devient un modèle d’avenir : 60% des Français se disent prêts à louer des outils dans les six prochains mois, en hausse de 7 points en deux ans.
Nouveaux modèles économiques
Notre analyse du marché du bricolage révèle l’émergence de nouveaux usages. La seconde main et le reconditionné gagnent du terrain : 40% des Français avaient déjà acheté au moins un produit reconditionné en 2023 sur les marchés du bricolage et du jardin.
L’économie d’usage progresse également dans les intentions. 60% des Français se disent prêts à louer des outils dans les six prochains mois, en hausse de 7 points en deux ans. Cette évolution répond à une logique économique : une perceuse n’est utilisée en moyenne que douze minutes sur toute sa durée de vie.
Toutefois, des freins persistent. 38% des consommateurs ne pensent pas à la location, 37% préfèrent posséder, 29% ne savent pas où louer et 29% craignent d’endommager le produit. Ces obstacles limitent encore le développement de ces nouveaux modèles.
Les défis de l’amont industriel
L’analyse sectorielle révèle des tensions préoccupantes dans la filière industrielle du « Nouvel Habitat ». Le sondage réalisé par Inoha auprès de 230 entreprises affiliées montre un chiffre d’affaires médian en recul de 4,2% et des effectifs moyens en baisse de 10%.
La rentabilité d’exploitation s’établit à 5,1% en 2024, bien en deçà des 7% de l’industrie manufacturière. L’indice de solvabilité moyen recule de 7,1 à 6,5, plaçant près de 50% des entreprises du panel à risque moyen ou élevé.
Cette fragilité financière de l’amont industriel pourrait limiter la capacité de rebond du secteur. Si la demande repart, les industriels auront moins de moyens pour investir dans l’innovation, la durabilité et la sécurisation des approvisionnements au moment où ces enjeux deviennent cruciaux.
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Perspectives 2026 et opportunités de rebond
Pour 2026, le marché du bricolage–jardinage s’oriente vers une reprise graduelle et structurée. Nos analyses du comportement consommateurs montrent que ces derniers orientent leurs choix selon plusieurs axes :
- la valeur d’usage
- la durabilité
- les services
- la performance énergétique
Le consumérisme a sans doute vécu. La réalité financière est plus que jamais présente.
Nous pensons que les segments liés à l’entretien, à la rénovation technique et aux solutions durables devraient tirer l’essentiel de la croissance. Les canaux digitaux et de proximité consolideront leur rôle tandis que les segments plus sensibles aux cycles économiques lourds seront les derniers à se redresser pleinement. Dans ce contexte, les acteurs les mieux positionnés seront ceux qui sauront combiner prix compétitif, services complets, formats hybrides et offre centrée sur la durabilité et l’efficacité énergétique, ce qui correspond exactement aux signaux comportementaux que les chiffres montrent comme les plus influents chez les consommateurs français.
La reprise éventuelle du marché immobilier constitue l’enjeu principal pour l’avenir du secteur bricolage français. Une normalisation des transactions immobilières relancerait mécaniquement les projets de rénovation et d’aménagement.
L’analyse par canal de distribution nous fait anticiper que les gagnantes seront les enseignes qui combineront :
- compétitivité prix
- formats de proximité
- services
- support pour la rénovation énergétique
L’intégration des attentes en matière de réparabilité, labels et reconditionné devient également déterminante pour construire des modèles plus résilients.
Questions fréquentes sur le marché du bricolage
Quelle est la taille du marché du bricolage en France ?
Le marché français du bricolage représente 22,1 milliards d’euros en 2024 pour les grandes surfaces de bricolage. En incluant tous les circuits de distribution, le marché global de l’amélioration de l’habitat atteint environ 38,5 milliards d’euros. Ces chiffres placent la France parmi les premiers marchés européens du secteur.
Pourquoi le marché du bricolage recule-t-il ?
Le recul s’explique principalement par deux facteurs : la crise immobilière qui réduit le nombre de transactions et donc de projets de rénovation, et les arbitrages budgétaires des ménages qui reportent les travaux non essentiels. Cette situation reste conjoncturelle et le marché demeure au-dessus de son niveau pré-Covid.
Quels sont les segments les plus porteurs du marché bricolage ?
Les segments d’entretien et de réparation résistent mieux que les projets lourds. Les peintures et enduits intérieurs progressent de 9%, tandis que la rénovation énergétique représente un potentiel de 30 milliards d’euros annuels. Le jardinage et l’aménagement extérieur montrent également une bonne résilience.
Comment évolue le e-commerce dans le bricolage ?
Le e-commerce représente 5,3% des ventes en grandes surfaces de bricolage, en progression constante. Certaines enseignes comme Kingfisher atteignent 19% de ventes en ligne. Cette digitalisation s’accompagne du développement de marketplaces et de services de retail media pour monétiser l’audience digitale.
Quelles sont les perspectives d’avenir pour le secteur ?
Les perspectives dépendent largement de la reprise du marché immobilier et de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages. La rénovation énergétique, les nouveaux usages (location, reconditionné) et la digitalisation constituent les principaux leviers de croissance future. Les enseignes qui combineront proximité, services et compétitivité prix seront les mieux positionnées.









