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Uber interdit, Airbnb dans l’œil du cyclone. Quel est l’avenir de l’économie du partage ?

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Il semble que les lobbies des taxis et des hôteliers aient remporté quelques batailles contre les nouveaux arrivants dans leur secteur: UberPOP a été interdit dans plusieurs pays ou villes ces derniers mois (Belgique, France, Italie, Allemagne) et nous nous demandions dans un post précédent si Airbnb serait la prochaine victime des autorités. Malheureusement pour nous, nous avions vu juste et Airbnb est désormais dans le collimateur des autorités. La région flamande en Belgique a menacé les personnes utilisant Airbnb pour louer leur maison / appartement de leur infliger une amende si elles ne se faisaient pas dûment enregistrer et déclaraient leur activité. Les conséquences sont assez symboliques et les personnes qui utilisent le service pour se faire de l’argent n’auront pas nécessairement à payer des impôts si cela reste une activité secondaire. Cependant, le signal est clair: les plates-formes de partage ne seront plus laissées sans surveillance par les autorités.

Pourquoi les acteurs traditionnels ont-ils si peur de la concurrence?

Nous avions analysé en longueur la situation des chauffeurs de taxi dans un billet précédent. En un mot, les acteurs traditionnels sentaient la menace des nouveaux entrants se rapprocher et ne savaient pas comment réagir. Ils ne savaient pas comment réagir car ils avaient toujours fourni le même service pendant des décennies sans rien changer, sans être innovant et sans avoir à se soucier véritablement de la qualité du service et la satisfaction du client. Des situations de quasi oligopole ont émergé, créées notamment par les droits d’accès à la profession et la protection des autorités publiques.

Maintenant que de nouveaux acteurs viennent avec des solutions innovantes pour mieux servir les besoins des clients, et après avoir vu que les clients étaient massivement prêts à passer à ces nouvelles solutions, les acteurs traditionnels ne savent pas quoi faire et n’ont pas d’autre solution que de réagir de manière agressive pour défendre leurs acquis

La peur a remplacé l’enthousiasme

Airbnb, Uber, djump, … ont en commun de proposer une nouvelle vision de l’économie où les ressources sont partagées. Une meilleure utilisation des ressources qui aura bien évidemment comme conséquence de rendre certaines entreprises redondante voire inutiles. Si tout le monde est en mesure de générer des revenus en partageant sa voiture, vous vous rendez bien compte que les taxis n’auront plus de raison exister. Cela pourrait d’ailleurs bien être la réalité à San Francisco dans à peine 18 mois comme l’expliquait récemment Hansu Kim, le patron d’une grosse société de taxis à San Francisco.

Les autorités tentent aujourd’hui de regagner de manière brutale le contrôle sur ces plates-formes et le résultat est tout simplement terrible: interdictions, amendes, pression, …

Ne vous méprenez pas. Je pense qu’il est nécessaire de garder les choses sous contrôle et de s’assurer que de telles plateformes ne sont pas utilisées à mauvais escient (par exemple pour générer du black). Il serait en effet anormal de laisser les individus utilisant leur voiture personnelle pour faire le taxi sans contrôle et leur laisser faire de l’argent au noir et par conséquent faire une concurrence déloyale aux taxis traditionnels. La lutte doit être équitable si nous voulons que le client en sortent gagnant.

Actuellement, la situation est toutefois pire que jamais. La panique s’est répandue parmi ceux qui ont cru en ces plates-formes de partage, alimentée par les acteurs traditionnels qui en rajoutent une couche. Ces derniers d’ailleurs ne changent rien à leurs pratiques. La satisfaction du client ne s’en trouve pas améliorée.

Quel est l’impact sur l’économie du partage ?

La vraie question est cependant de comprendre comment cette pression finira par avoir un impact ensemble de l’économie de partage. Si la confiance est perdue, si les pionniers sont muselés par les autorités, si des obstacles trop grand sont dressés, les entrepreneurs qui se sont risqués sur ces marchés abandonneront le combat et nous resteront à la traîne.

Il est de loin préférable d’exploiter la puissance de l’économie de partage plutôt que de vouloir lui imposer un carcan inadapté, plein de règles désuètes et de normes inutiles.

Pour ce faire cependant, nous aurions besoin de politiciens comprenant les tenants et les aboutissants de l’économie du partage. Malheureusement, je pense que nous avons plutôt des traditionalistes plus préoccupés par leur réélection que par les changements qui pourraient déplaire à leurs électeurs.

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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