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Pourquoi bpost veut acheter Post.nl

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L’annonce importante (et rudement intelligente) faite par Bpost de l’acquisition (souhaitée) de son homologue néerlandais PostNL doit être replacée dans un contexte historique plus large. Nous vous l’expliquerons dans un autre article, mais pour l’instant allons droit au but et intéressons-nous aux raisons qui ont conduit Bpost à faire une offre d’achat sur Post.nl

Pour rappel les tractations entre Bpost et Post.nl ont été révélées par l’ex-ministre Jean-Pascal Labille à la RTBF (à partir de la minute 3:43).

Le plus gros concurrent de bpost éliminé

Post.nl n’est ni plus ni moins que le plus grand concurrent de Bpost depuis des décennies et il vient d’ailleurs de lancer un réseau de livraison de colis couvrant 100% de la Belgique. Une illustration de cette lutte est le contrat Amazon dont Bpost a réussi à gagner une partie (les livraisons en semaine), le reste revenant à son concurrent Post.nl.

Pouvoirs de négociation

L’affaire du contrat Amazon et sa division entre deux acteurs est la preuve que le pouvoir de négociation des opérateurs postaux n’est pas au top lorsqu’il s’agit de gagner le marché du e-commerce. Une fusion entre Bpost et Post.nl permettrait à la nouvelle entité d’exercer plus de poids et de mieux défendre ses marges.

Acquisition par bpost du plus grand réseau aux Pays-Bas

L’achat de Post.nl permettra à Bpost d’acquérir le plus grand réseau de distribution aux Pays-Bas et de renforcer encore les flux opérationnels entre ces deux pays. Ce sont ainsi de nouvelles perspectives commerciales qui s’offrent à bpost en permettant d’optimiser pour ses clients les achats transfrontaliers toujours plus nombreux.

Économies d’échelle

Des économies d’échelle peuvent être attendues dans deux principaux secteurs opérationnels: les flux sortants (les lettres et surtout les paquets envoyés vers l’étranger) et les flux entrants (tout ce qui est envoyé de l’étranger)

Dans les flux sortants

Envoyer des paquets ou du courrier vers l’étranger requiert que les opérateurs postaux négocient avec des transporteurs l’acheminement de ces marchandises. Il s’agit le plus souvent de transport routier (80% des volumes étant vers des pays frontaliers) et avec des compagnies aériennes pour les destinations plus lointaines (20% du volume).

En rachetant Post.nl, Bpost aurait des volumes plus importants à traiter et aurait ainsi un argument de poids pour négocier de meilleurs prix. Cela nécessiterait toutefois une réorganisation des routes dont certains centres de tri pourraient faire les frais. Pour les flux aériens on peut par exemple se demander si le centre de tri de Zaventem (Brucargo) ferait le poids face à Schipool. Le bâtiment de Brucargo serait d’ailleurs en partie vide suite à la reprise des activités de bpost international par Landmark. L’avenir s’annonce donc sombre.

Dans les flux entrants

Les flux entrants internationaux requièrent une logistique spéciale, eut égard notamment aux aspects douaniers. Les activités afférentes sont moins automatisables qu’en aval de la chaîne logistique. Si les routes viennent à être changées, on peut là aussi s’interroger sur l’intérêt d’avoir un point d’entrée dans chaque pays. Il serait plus rationnel de n’en conserver qu’un seul, étant entendu que des flux par camions entre les deux pays sont opérés de toute façon en permanence.

Conclusion

L’acquisition de Post.nl est motivée par un besoin de croissance. Les économies réalisées au niveau de la Belgique ont atteint un palier qui met d’ailleurs en danger l’excellence opérationnelle de l’organisation. Le retour sur investissement (et les dividendes) ne peut être garanti aux actionnaires qu’au prix de la recherche d’une croissance internationale et à la défense des marges opérationnelles. Ce que l’histoire ne dit pas par contre c’est si les postiers belges vont encore avoir à pâtir de cette logique financière.

 

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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