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Big Data : et si on payait les utilisateurs pour leurs données ?

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Cela peut sembler une idée stupide, mais ne serait-il pas plus opportun de payer les utilisateurs pour leurs données plutôt que de les leur « voler » et de discuter de la suite des questions de qualité de données? (voir nos autres articles sur le Big Data ici)

La nécessité d’un business model disruptif dans le Big Data

Le Big Data et le Data Mining font l’objet d’un traitement commercial plutôt homogène depuis leurs débuts. Ce traitement repose en grande partie sur l’obtention de données comportementales à l’insu de celui qui les livre ou sur l’achat de ces données auprès de tiers. En fait, les manières d’obtenir ces données n’ont pas beaucoup changé. Tout tourne notamment autour de trackers (des mouchards placés sur les sites web) qui enregistrent vos données de navigation et permettent de déduire et prédire des comportements. Pourtant, il y a un grand perdant dans ce modèle: l’utilisateur lui-même. Si vous voulez en savoir plus sur les informations enregistrées sur vous, installez par exemple Ghostery dans votre navigateur et observez avec étonnement le nombre de programmes espionnant votre comportement en ligne. Vous découvrirez ainsi que le New York Times a quelques 20 trackers en place.

Big Data: Big Business

L’achats de données est un processus somme toute assez cher. Une entreprise pourra facilement dépenser quelques dizaines de centimes d’euros afin de compléter un profil. La facture grimpera encore plus si vous devez acheter des contacts non qualifiés. Le faible taux d’activation fera alors grimper la facture à plusieurs euros par contact activé.

Certaines entreprises se sont spécialisées dans la collecte de données et dans leur vente à des tiers. A cet égard certaines ont pu réunir des « datasets » couvrant quasiment l’entiereté d’un pays. Pourtant, si vous y réfléchissez bien, ces entreprises ne sont que des intermédiaires entre le consommateur et d’autres entreprises, achetant les données à des fins de promotion. Toutefois, le consommateur est un peu le dindon de la farce dans cette histoire : il ne reçoit en effet pas un centime. Le consommateur est le produit. Cela peut-il changer?

Et que se passerait-il si …

La question est de savoir si une autre voie existe. Une idée disruptive pourrait être celle-ci : permettre aux clients de vendre leurs données. Un intermédiaire sera toujours nécessaire pour stocker et gérer la transaction, mais dans ce modèle au moins les consommateurs obtiendraient une part de la valeur ajoutée générée à partir de leurs données. Cette forme d’économie peut facilement être assimilée à un modèle basé sur l’ « économie partagée ». Les consommateurs formeraient une sorte d’alliance pour se débarasser des intermédiaires qui parasitent encore aujourd’hui la chaîne de valeur.

Image: Shutterstock
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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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1 commentaire

  1. Bonjour,

    Ce billet me semble faire écho avec un certain nombre de reportages récents, notamment le numéro de Cash Investigations début Octobre qui traitait du marketing sous toutes ses formes.

    En voyant le prix évalué de données personnelles (allant de 15cts à 85cts en fonction de la « profondeur » des données), je me demande s’il y a vraiment une opportunité pour l’utilisateur de tirer profit de ses données.

    Sans forcément parler du numérique, l’analyse comportementale des acheteurs via les cartes de fidélité est aussi un facteur « nocif » sur cette utilisation des profils-utilisateurs.

    Pour en avoir parlé avec des directeurs de supermarché, cette analyse des données joue au final en faveur du consommateur (envoie de promotions ciblées, soirée « ventes-privées »). Naturellement, qu’y perd exactement le consommateur? Certainement pas un manque à gagner sur ses données qu’il n’a de toute façon jamais touché! Un accès à ses données privées (l’exemple éloquent dans Cash Investigations du supermarché qui avait connaissance de la grossesse d’une cliente avant même le reste de sa famille). J’ai bien réfléchi à cet exemple. De quoi parlons-nous, de bases de données impersonnelles visant à optimiser des stratégies commerciales, et non pas de gérants de magasins qui sauraient chaque détail de chaque client.

    A ce titre pour conclure, beaucoup de travail reste à faire je pense pour avaliser cette communication de données, plus de transparence et plus d’explications aux clients. De là à imaginer rémunérer les clients, cela me paraît utopique et déjà après-demain apparaîtraient les premiers outils pour contourner cette mesure.

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