Le shadow IA est une réalité dans les entreprises. Les employés utilisent l’IA générative au quotidien et l’étude que nous avons réalisée montre que cette utilisation est peu encadrée. L’encadrement doit toutefois être réfléchi car il détermine l’attractivité de votre entreprise et potentiellement vos recrutements.
L’IA générative est dans toutes les entreprises. Elle y est entrée sans faire de bruit. Notre institut de sondage a mené une enquête en France auprès de 500 personnes qui utilisent l’IA générative au travail montre que 57,2% d’entre eux utilisent des comptes personnels et que 18% paient leur abonnement de leur poche. Notre étude révèle aussi un phénomène d’anxiété : 43,6% craignent que leurs collègues remarquent qu’ils ont utilisé une IA. Ces chiffres mesurent l’ampleur d’un usage qui est peu visible des directions IT. C’est du shadow IA comme nous l’avions appelé il y a quelques années dans cet article. Mais ce que notre étude révèle aussi c’est une fracture générationnelle qui porte sur la manière d’utiliser ces outils, de les financer et de réagir aux règles de l’employeur. Pour les directions des ressources humaines, il est important de comprendre cette fracture. Elle montre en effet que la politique IA devient une question de recrutement, de fidélisation et de formation.
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L’essentiel à retenir
- Le shadow IA est la norme : 57,2% des utilisateurs ne passent que par des comptes personnels pour leur travail, et 72,8% en utilisent au moins un.
- Interdire ne réduit pas le shadow IA, cela le rend clandestin : 69,2% des salariés soumis à une interdiction utilisent quand même un compte personnel, et 56,9% craignent d’être repérés.
- Une charte écrite seule ne change rien : 74,7% des utilisateurs restent uniquement sur leurs comptes personnels, contre 75,7% dans les entreprises qui n’ont rien fait. Avec un outil officiel et une formation, la proportion tombe à 19,1%.
- Toutes les générations adhèrent (79% à 82% terminent leurs tâches plus vite), mais l’investissement personnel s’effondre avec l’âge : 28% des 18-24 ans paient un abonnement, 4% des 55-65 ans.
- Les 25-34 ans sont la génération la plus exposée : 67% d’usage quotidien, 59% craignent le regard des collègues, 46% chercheraient un autre emploi si leur entreprise interdisait l’IA.
- Face à une interdiction, les jeunes chercheraient à partir et les aînés contourneraient : 53% des 55-65 ans refusent la règle sans envisager de quitter leur emploi.
- 61,4% des utilisateurs utilisent au moins parfois le temps gagné pour des activités personnelles, 71% à 72% avant 35 ans contre 51% à 54% après 45 ans.
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Un usage individuel qui précède l’adoption par les entreprises
L’écart entre usage individuel et usage officiel ressort déjà de la statistique publique. Dans l’étude Économie et société à l’ère du numérique publié par l’INSEE en 2025, 10% des entreprises françaises déclaraient utiliser l’intelligence artificielle en 2024, contre 33% des personnes de 12 ans et plus pour un usage professionnel ou personnel. Le même ouvrage relève déjà un fort gradient d’âge : 58% des 18-24 ans utilisaient l’IA en 2024, contre 25% des 40-59 ans.
Notre enquête éclaire ce qui se passe dans cet écart :
- Comment les salariés qui utilisent l’IA générative au travail s’équipent
- Que retirent-ils de l’utilisation de l’IA
- Comment réagissent-ils au cadre fixé par leur employeur ?
Les données portent sur la France, mais les mécanismes s’appliquent au-delà du cadre français. Les mêmes outils grand public dominent dans toute l’Europe, et les mêmes tensions entre usage individuel et politique d’entreprise ont toutes les chances de s’y retrouver.
57,2% des utilisateurs professionnels d’IA générative ne passent que par des comptes personnels.
Shadow IA : la majorité des salariés s’équipent seuls
Le shadow IT désignait des salariés qui installaient des logiciels sans l’aval de la direction IT. Le shadow IA désigne l’utilisation d’outils d’IA (générative) dans l’entreprise sans que cette dernière en encadre l’usage. Notre étude montre sans surprise que la majorité des employés sont concernés par cette pratique :
- 59% accèdent à l’IA générative par la version gratuite d’un compte personnel
- 18% financent eux-mêmes un abonnement payant
- seuls 37,2% disposent d’une licence fournie par l’employeur
- 9,4% utilisent d’un outil développé ou déployé par leur entreprise.
| Mode d’accès (France, 2026) | Part des utilisateurs |
|---|---|
| Comptes personnels uniquement (gratuits ou payants) | 57,2% |
| Accès officiels uniquement (licence employeur ou outil interne) | 27,2% |
| Les deux | 15,6% |
Les pratiques sont assez disparates en fonction de la taille de l’entreprise :
- dans les structures de 2 à 10 salariés, 67,3% des utilisateurs sont en shadow IA complet
- il y a 70,8% de shadow IA dans les entreprises de 11 à 50.
- on descend à 47,6% dans les entreprises de 501 à 1000 salariés
- mais on remonte à 55,8% dans les groupes de plus de 5000 salariés.
L’interdiction ne fait pas reculer le phénomène. 13% des répondants travaillent dans une entreprise qui interdit certains outils, et 69,2% d’entre eux utilisent malgré tout un compte personnel, une proportion proche de la moyenne (72,8%). Par contre lorsqu’une entreprise interdit l’utilisation de l’IA générative, c’est la visibilité de l’usage qui est impactée. Les salariés sont alors 56,9% à craindre que leurs collègues remarquent qu’ils ont utilisé une IA, contre 41,6% ailleurs. Autre paradoxe, fournir un outil ne suffit plus. Nous notons que même dans les entreprises qui déclarent fournir un accès officiel, 59,1% des utilisateurs continuent d’employer un compte personnel.
Même dans les entreprises qui déclarent fournir un accès officiel, 59,1% des utilisateurs continuent d’employer un compte personnel.
Qu’est-ce qui fait vraiment reculer le shadow IA ? Pour le savoir, nous avons classé les répondants selon ce que leur entreprise a mis en place :
- rien du tout
- une simple charte écrite
- une formation
- un outil officiel
- un outil officiel accompagné d’une formation.
Pour chaque situation, le tableau ci-dessous indique la part d’utilisateurs qui ne passent que par des comptes personnels.
| Ce que l’entreprise a mis en place (France, 2026) | Utilisateurs uniquement sur comptes personnels |
|---|---|
| Rien (ni charte, ni formation, ni outil officiel) | 75,7% |
| Une charte écrite seulement | 74,7% |
| Une formation, sans outil officiel | 47,2% |
| Un outil officiel, sans formation | 41,2% |
| Un outil officiel et une formation | 19,1% |
Les conclusions sautent aux yeux :
- Une charte écrite seule ne change rien : 74,7% des utilisateurs restent en shadow IA complet, contre 75,7% dans les entreprises qui n’ont rien fait.
- Une formation fait descendre cette part à 47,2%, un outil officiel à 41,2%.
- Combiner les deux la ramène à 19,1%.
Le résultat tient lorsque l’on compare des salariés au profil identique (même âge, même genre, même taille d’entreprise, même fonction, même intensité d’usage) : l’outil officiel et la formation restent les deux seuls facteurs qui font nettement baisser le shadow IA, et la charte écrite n’a pas d’effet significatif.
Le shadow IA est aussi psychologique. 43,6% des utilisateurs craignent que leurs collègues remarquent leur usage de l’IA. Assez logiquement, on note une différence en fonction des outils utilisés :
- Cette crainte touche 51,4% de ceux qui ne passent que par des comptes personnels
- seuls 30,1% de ceux qui n’utilisent que des accès officiels ressentent cette anxiété
On peut donc dire que l’outil fourni par l’entreprise légitime l’usage.
Enfin, 61,4% des répondants déclarent qu’il leur arrive d’utiliser le temps gagné grâce à l’IA pour des activités personnelles : une partie des gains de productivité est captée par le salarié.
61,4% des répondants déclarent qu’il leur arrive d’utiliser le temps gagné grâce à l’IA pour des activités personnelles.
La fracture générationnelle dans l’utilisation de l’IA en entreprise
L’âge ne change rien à l’adhésion : entre 79% et 82% des utilisateurs de chaque tranche d’âge déclarent terminer leurs tâches plus vite, et entre 63% et 71% jugent les résultats de l’IA meilleurs que ce qu’ils auraient produit eux-mêmes. Tout le reste diverge, et pas toujours de façon linéaire.
| Indicateur (France, 2026) | 18-24 ans | 25-34 ans | 35-44 ans | 45-54 ans | 55-65 ans |
|---|---|---|---|---|---|
| Terminent leurs tâches plus vite | 80% | 80% | 82% | 79% | 79% |
| Usage quotidien d’au moins un outil | 52% | 67% | 47% | 51% | 44% |
| Nombre moyen d’outils utilisés | 2,5 | 2,6 | 2,1 | 1,9 | 1,5 |
| Abonnement payé personnellement | 28% | 25% | 21% | 12% | 4% |
| Compte personnel utilisé au travail | 81% | 74% | 76% | 70% | 63% |
| Licence fournie par l’employeur | 34% | 45% | 32% | 40% | 35% |
| Instructions écrites reçues | 58% | 48% | 37% | 43% | 38% |
| Craignent le regard des collègues | 44% | 59% | 45% | 35% | 35% |
| Utilisent parfois le temps gagné à des fins personnelles | 71% | 72% | 59% | 51% | 54% |
| Chercheraient un autre emploi si l’IA était interdite | 32% | 46% | 30% | 36% | 26% |
Les écarts entre les moins et les plus de 35 ans sont statistiquement significatifs au seuil de 5% pour l’abonnement personnel, le nombre d’outils, l’usage quotidien, les instructions écrites, la crainte des collègues et l’usage personnel du temps gagné. Avec 100 répondants par tranche, les écarts entre deux tranches voisines sont à lire comme des tendances.
L’âge n’a pas d’effet sur l’adhésion à l’utilisation de l’IA générative. Entre 79% et 82% des utilisateurs de chaque tranche d’âge déclarent terminer leurs tâches plus vite grâce à l’IA.
18-24 ans : informés mais pas équipés
Les plus jeunes sont ceux à qui l’entreprise a le plus parlé et le moins donné. 58% ont reçu des instructions écrites, la proportion la plus élevée, mais 38% seulement disposent d’un accès officiel, la plus faible. Résultat : 81% utilisent un compte personnel pour travailler et 28% paient leur abonnement eux-mêmes. Ce sont aussi des explorateurs : 54% utilisent au moins un outil comme Claude, Perplexity ou Mistral, contre 12% des 55-65 ans, et ils mobilisent l’IA pour l’analyse de données (47%), le brainstorming (28%) ou la programmation (27%). Ils restent pourtant ouverts à l’encadrement : 75% accepteraient un outil unique imposé par l’entreprise, le taux le plus élevé de toutes les générations.
25-34 ans : la génération pivot, sous tension
Les 25-34 ans cumulent les extrêmes. Ce sont les utilisateurs les plus intensifs (67% d’usage quotidien), les mieux équipés par l’employeur (45% de licences), les mieux formés (42%) et les plus encadrés. D’après le sondage, 8% seulement n’ont reçu aucune instruction. Malgré tout, ce cadre ne les rassure pas. En effet, 59% craignent que leurs collègues remarquent qu’ils ont utilisé une IA, et 46% chercheraient un autre emploi si leur entreprise interdisait l’IA.
35-44 ans : la génération charnière
L’usage quotidien chute de 67% chez les 25-34 ans à 47% chez les 35-44 ans. Mais la conviction reste intacte : 82% déclarent terminer plus vite et c’est le taux le plus élevé. Mais dans notre échantillon, les 35-44 ans sont aussi la tranche la moins dotée en licences employeur (32%), la moins destinataire d’instructions écrites (37%) et la plus encadrée par de simples consignes orales (43%). C’est logiquement là que le shadow IA complet est le plus répandu (63%). Le paradoxe est que cette génération est la plus disposée à suivre une règle claire : face à une interdiction, 31% s’y conformeraient sans chercher à partir, le taux le plus élevé de toutes les tranches.
45-65 ans : équipés, pragmatiques, mais sous-convertis
L’image d’aînés en retard ne résiste pas aux chiffres. Les 55-65 ans sont aussi souvent dotés d’un accès officiel que les 25-34 ans (48% contre 47%) et déclarent le même gain de temps (79%). Leur relation à l’IA est simplement plus sobre : 1,5 outil en moyenne, presque jamais payé (4%), et un usage tourné vers le traitement de l’information (60% pour la recherche d’informations, 54% pour la synthèse de documents) plutôt que vers la création (9% pour le brainstorming). Elle est aussi plus apaisée : 35% seulement craignent le regard des collègues.
Leur déficit est un déficit de passage à l’acte, qui commence d’ailleurs dès 35 ans. Claude est connu de 73% des plus de 35 ans, contre 80% des moins de 35 ans. Mais parmi ceux qui le connaissent, 19% des plus de 35 ans l’utilisent, contre 48% des moins de 35 ans. Le schéma est le même pour Perplexity (11% contre 30%) et Gemini (44% contre 61%).
Ce que l’âge n’explique pas
L’analyse statistique tient compte simultanément de l’âge, du genre, de la taille de l’entreprise, du statut de manager, de l’intensité d’usage et des différentes formes d’encadrement. Une fois ces facteurs contrôlés, l’âge n’a plus d’effet significatif sur le shadow IA. Sans accès officiel, 67% des moins de 35 ans et 65% des plus de 35 ans ne passent que par des comptes personnels. Avec un accès officiel, la part tombe à 33% dans les deux groupes. Le shadow IA dépend de l’équipement, pas de la génération.
L’âge garde en revanche un effet propre sur l’investissement personnel : à profil et intensité d’usage identiques, plus le salarié est âgé, moins il paie lui-même son abonnement. Cet effet se combine avec le genre. Avant 35 ans, 36,8% des hommes paient un abonnement, contre 18,6% des femmes ; après 35 ans, l’écart se resserre (14,1% contre 10,2%).
34% des utilisateurs chercheraient un autre emploi si leur entreprise interdisait l’IA, et 46% des 25-34 ans.
Conséquences RH : talents, recrutement et syndrome de l’imposteur
Nous avons analysé les persona et vous présentons une carte synthétique ci-dessous. Tout part du constat que 35,6% des utilisateurs présentent ce que l’on peut appeler un syndrome de l’imposteur augmenté. Les utilisateurs ont en effet l’impressions que l’IA fait mieux qu’eux et craignent que leurs collègues le remarquent. Parmi ces personnes qui présentent le syndrome de l’imposteurs, les 2/3 chercheraient un autre emploi en cas d’interdiction des outils IA.
Une segmentation des répondants sur leurs attitudes fait émerger quatre profils :
- Les accros (34%) : 96,5% jugent l’IA meilleure qu’eux, 87,6% craignent le regard des collègues, 75,9% chercheraient un autre emploi en cas d’interdiction. Ils représentent 47% des 25-34 ans et 25% des 55-65 ans. Ce profil, qui approuve presque toutes les affirmations, peut refléter en partie un biais d’acquiescement.
- Les pragmatiques (26%) : ceux qui déclarent le plus souvent un gain de temps (96,9%), peu anxieux (17,7%), mais 4,6% seulement accepteraient une interdiction. Ils passent de 19% des 25-34 ans à 30% des 45-65 ans.
- Les sceptiques (23,8%) : 37,8% seulement terminent plus vite et 21% jugent l’IA meilleure qu’eux.
- Les loyaux (16,2%) : 97,5% accepteraient un outil unique imposé et 1,2% seulement chercheraient un autre emploi en cas d’interdiction.
La progression des pragmatiques avec l’âge, au détriment des accros, résume la lecture générationnelle : vieillir ne rend pas sceptique, cela rend pragmatique. L’adhésion reste, la peur et la dépendance s’estompent.
Les fonctions les plus exposées sont aussi les plus difficiles à recruter : l’intention de chercher un autre emploi en cas d’interdiction atteint 43% chez les techniciens, 40% chez les commerciaux et 39% dans les fonctions de direction, contre 15% du personnel administratif.
L’IA devient enfin un critère de recrutement. 58,2% des utilisateurs déclarent que la politique IA d’une entreprise pèserait sur leur décision d’accepter un poste, 66% des 25-34 ans contre 47% des 55-65 ans. À l’inverse, un outil unique imposé par l’entreprise est accepté par 68,6% des utilisateurs, et par 75% des 18-24 ans.

5 conseils pour les RH
Respecter le cadre juridique
Le règlement européen sur l’intelligence artificielle impose depuis février 2025 aux entreprises qui utilisent des systèmes d’IA de prendre des mesures pour garantir un niveau suffisant de maîtrise de l’IA à leur personnel. La formation n’est donc plus seulement un levier d’efficacité, c’est une obligation.
Il est important aussi d’intégrer les conditions d’usage de l’IA générative au règlement intérieur. Vous pouvez également créer une charte informatique spécifique qui lui sera annexée.
Choisir un outil à la hauteur des usages
Partez des usages réels de vos salariés plutôt que d’un catalogue. Interrogez les salariés sur leurs besoins et faites ensuite votre choix. Gardez en tête qu’un outil moins performant que ceux que les salariés se paient n’éliminera pas les comptes personnels.
Au moment du choix de l’outil d’IA générative, portez une attention particulière aux critères suivants :
- lieu d’hébergement
- engagement contractuel de ne pas utiliser vos données pour entraîner les modèles
- conformité au RGPD et contrat de sous-traitance
- gestion des accès.
Fixer un cadre d’usage plutôt qu’une interdiction
Précisez dans le règlement intérieur ou la charte informatique :
- les outils validés
- les données autorisées
- l’obligation de relecture humaine.
Interdisez de saisir des informations qui identifient des personnes ou des données commerciales sensibles, plutôt que d’interdire l’IA elle-même. Traitez explicitement la question des comptes personnels : le règlement doit dire ce qui peut y transiter.
Former et accompagner chaque génération différemment
La formation ne réduit pas seulement le shadow IA, elle améliore aussi le rendement. Il n’y a donc aucun débat sur le fait qu’elle soit nécessaire.
Privilégiez des ateliers pratiques sur des cas d’usage réels, avec un accompagnement différencié. Le tableau ci-dessous reprend certains résultats du sondage et propose des actions concrètes.
| Génération | Ce qui lui manque | Levier RH prioritaire |
|---|---|---|
| 18-24 ans | L’outil : 58% ont des règles écrites, 38% un accès officiel | Équiper, avec un outil unique qu’ils acceptent |
| 25-34 ans | La légitimité : 59% craignent le regard des collègues | Reconnaître l’IA comme une compétence, en faire un argument de recrutement |
| 35-44 ans | Le cadre écrit et l’outil : 37% de règles écrites, 32% de licences | Écrire la règle et fournir la licence |
| 45-65 ans | L’expérimentation : outils connus mais peu essayés | Cas d’usage concrets et temps pour tester au-delà de l’outil fourni |
Mesurer l’usage et poser la question du temps gagné
Mesurez l’usage réel par des enquêtes anonymes plutôt que par la remontée des managers.
Les salariés qui se cachent de leurs collègues se cachent aussi de leur direction. Posez ensuite ouvertement la question du temps gagné. L’entreprise peut l’accepter comme une contrepartie implicite, le réinvestir dans de nouvelles missions ou le partager. Ce que l’entreprise ne peut plus faire c’est ignorer l’usage de l’IA générative.
Méthodologie
Enquête quantitative en ligne menée par IntoTheMinds en 2026 auprès de 500 actifs résidant en France et utilisant au moins un outil d’IA générative dans le cadre professionnel. Échantillon construit par quotas : 100 répondants par tranche d’âge (18-24, 25-34, 35-44, 45-54 et 55-65 ans), parité hommes-femmes, toutes tailles d’entreprise et 45 secteurs représentés. Les pourcentages d’accord regroupent les réponses « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord ». Les écarts entre générations ont été testés par un test du khi-deux au seuil de 5%. Les comparaisons « à profil identique » proviennent de régressions logistiques contrôlant l’âge, le genre, la taille d’entreprise, la fonction et l’intensité d’usage, et les quatre profils d’une classification par k-moyennes sur les huit affirmations d’attitude. La marge d’erreur est d’environ 4 points sur l’ensemble de l’échantillon et d’environ 10 points par tranche d’âge. L’échantillon étant composé exclusivement d’utilisateurs, les résultats décrivent les pratiques des salariés qui ont adopté l’IA générative, et non le taux d’adoption dans la population active.

FAQ : Les questions que vous vous posez
Qu’est-ce que le shadow IA en entreprise ?
Le shadow IA désigne l’utilisation d’outils d’IA générative par des salariés hors du cadre fourni par leur entreprise, le plus souvent avec des comptes personnels. Notre enquête menée en France en 2026 montre que 57,2% des utilisateurs ne passent que par des comptes personnels. Le risque principal concerne la confidentialité des données.
Faut-il interdire l’IA générative au travail ?
Non. L’interdiction ne fait pas disparaître l’usage, elle le rend invisible : 69,2% des salariés soumis à une interdiction utilisent quand même un compte personnel, et 34% des utilisateurs chercheraient un autre emploi si leur entreprise interdisait l’IA. Un cadre d’usage clair, un outil officiel et une formation donnent de meilleurs résultats.
Les jeunes salariés utilisent-ils l’IA différemment de leurs aînés ?
Ils l’utilisent autant, mais pas de la même manière. Toutes les générations déclarent le même gain de temps (79% à 82%). Les moins de 35 ans utilisent plus d’outils (2,5 contre 1,85), paient plus souvent leur abonnement (28% des 18-24 ans contre 4% des 55-65 ans) et craignent davantage le regard de leurs collègues. Les plus de 35 ans connaissent les mêmes outils mais les essaient beaucoup moins.
Comment réduire le shadow IA ?
En fournissant un outil officiel et en formant les salariés. Dans les entreprises qui n’ont rien fait, 75,7% des utilisateurs ne passent que par des comptes personnels. Avec un outil officiel et une formation, la proportion tombe à 19,1%. Une charte écrite seule ne change rien (74,7%).
Comment mesurer l’usage réel de l’IA par vos salariés ?
Passez par une enquête anonyme plutôt que par la remontée des managers. 43,6% des utilisateurs craignent que leurs collègues remarquent qu’ils utilisent l’IA, ce qui fausse toute mesure déclarative nominative. Notre service d’étude de marché B2B peut conduire ce type d’enquête interne.
















