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Réalité virtuelle : interview de Loïc Baboulaz, fondateur d’ArtMyn

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Dans le cadre d’une visite à l’EPFL nous avions découvert la technologie développée par ArtMyn, une startup spécialisée dans la réalité virtuelle appliquée à l’Art. Aujourd’hui nous vous disons plus grâce à cette interview de son fondateur, Loïc Baboulaz.

IntoTheMinds : Comment est née l’idée d’ArtMyn?

Loïc Baboulaz : ARTMYN est né du projet académique eFacsimile qui s’est déroulé de 2012 à 2015 au Laboratoire de Communication Audiovisuelle de l’Institut Suisse de Technologie de Lausanne (EPFL). Il a commencé à partir d’une simple observation: visualiser une œuvre d’art sur un écran d’ordinateur résulte en une expérience très médiocre par rapport à une visualisation “en vrai”. L’objectif de ce projet, sponsorisé par Google, était d’améliorer l’expérience relative à la visualisation d’une oeuvre d’Art sur un support numérique. Après trois ans de R & D, nous avons développé notre premier prototype et ensemble d’algorithmes: une solution d’imagerie calculée par ordinateur couplée à une visionneuse Web permettant 5 dimensions d’interactivité à ultra haute résolution. Le moment vint alors pour proposer cette technologie aux propriétaires d’œuvres d’art (musées, collectionneurs privés, maisons de vente aux enchères) et de leur montrer le potentiel de notre solution pour leurs collections. Nos premiers partenaires ont été la Fondation Martin Bodmer & BodmerLab à Genève et le Musée de l’Elysée à Lausanne. Leur enthousiasme a confirmé l’intérêt que représentait notre technologie et en conséquence la société ARTMYN a été créée en 2016.

IntoTheMinds : Où voyez-vous le plus grand potentiel de marché pour votre produit? Existe-t-il une autre application que le marché de l’art?

Loïc Baboulaz : Nous nous concentrons actuellement sur le marché de l’art. Si vous y réfléchissez, la plupart des médias culturels ont fait leur transition numérique au cours des 10 dernières années en donnant naissance à certaines grandes entreprises: Amazon pour les livres, Netflix pour les films, Spotify pour la musique et ainsi de suite. Cependant, la scène artistique repose pour la très grande majorité sur des images JPEG simples, une norme créée il y a près de 25 ans, pour afficher des œuvres d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Offrir une technologie de rupture est toujours compliqué. Nous rencontrons des gens qui sont vraiment enthousiastes envers notre travail et qui veulent aller de l’avant ensemble; nous rencontrons aussi des gens qui n’acceptent pas le changement facilement. La transition numérique est cependant inévitable pour tous les acteurs du marché de l’art: les maisons d’enchères font face à un marché mondial avec des acheteurs en ligne toujours plus nombreux; Les musées doivent intégrer de nouvelles technologies pour attirer davantage de visiteurs, en particulier les plus jeunes; Les collectionneurs privés sont encouragés à rendre leur collection visible pour accroître sa valeur au fil du temps.
Enfin, les assureurs spécialisés dans le domaine de l’Art sont également très intéressées par notre technologie car elle peut fournir une description objective de l’œuvre d’Art et de de sa condition.

IntoTheMinds : Quels ont été les plus grands défis auxquels vous avez été confronté ?

Loïc Baboulaz : Notre technologie d’imagerie de calcul est entièrement basée sur des données et il s’agit bien de Big Data. Nous pouvons facilement traiter près d’un téraoctet de données pour une seule peinture. Ces données brutes doivent alors être traitées par nos algorithmes pour en extraire toutes les informations pertinentes. La vitesse d’acquisition et la vitesse de traitement sont donc essentielles. Au cours de l’année écoulée, nous avons augmenté la vitesse de traitement d’un facteur 10 !
Un autre grand défi a été d’obtenir l’aval des experts en Art, des conservateurs et des artistes. Nous avons la chance de travailler aujourd’hui avec des institutions prestigieuses comme Sotheby’s ou AXA Art insurance. A titre d’exemple, nous avons numérisé en 2016 pour l’exposition ArtLab à l’EPFL une peinture Outrenoir de l’artiste français Pierre Soulages. Les Outrenoirs sont essentiellement de la peinture noire, très complexe dans sa texture et dans la façon dont elle reflète la lumière. La semaine dernière, nous avons eu l’honneur de présenter notre travail à Pierre Soulages lui-même qui a loué notre travail car il «révèle la sophistication et l’élégance de ses peintures». Quelle satisfaction d’entendre cela de la bouche d’un artiste aussi renommé et respecté !

IntoTheMinds : à notre avis, une grande partie des applications de réalité virtuelle offre aujourd’hui peu de valeur à l’utilisateur. Elles sont divertissantes mais ne créent pas de vraie valeur ajoutée. Quelles sont vos réflexions sur le marché émergent de la réalité virtuelle ? Comment est-il possible de créer de la valeur pour les utilisateurs ?

Loïc Baboulaz : Je crois que la Réalité Virtuelle va perdurer, mais je suis d’accord avec votre point de vue. Outre les problèmes actuels de prix et de technologie, la réalité virtuelle doit aller au-delà du simple divertissement et des mondes virtuels pour attirer un public plus large que les fans de technologie. Une composante sociale doit également être incluse afin que la réalité virtuelle puisse être considérée comme un outil de partage d’expérience. Les application de réalité vrituelle devraient également être accessibles à des personnes d’horizons et intérêts divers, et pas seulement aux mordus de technologie. Grâce à ARTMYN par exemple.

Credits : Julian Cassady Photography

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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