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Etude de marché et coaching d'entrepreneurs

Étude de marché : modes de paiement en Europe

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Ma belle-mère est italienne. Elle fait à peine deux paiements par an avec sa carte de crédit. En me rendant à l’Université de Mayence il y a quelques semaines, j’ai rencontré un chauffeur de taxi de 64 ans d’origine turque, fier de ne pas avoir de carte bancaire. J’ai toujours été étonné de voir comment les aspects culturels peuvent influencer les modes de paiement en fonction du pays. J’avais l’impression que plus on allait vers le sud, plus les gens payaient en liquide. Une étude de marché de la Banque centrale européenne met enfin en lumière ces différences et quantifie avec précision les différents types de comportements en fonction des pays, mai également en fonction du segment socio-démographique et du niveau d’études.

 

Dans le billet d’aujourd’hui nous présentons certains résultats de cette étude de marché.

 

Des écarts importants entre les pays de l’Union européenne

 

J’ai toujours eu l’impression que les habitants des pays du Sud de l’Europe avaient une relation plus viscérale à l’argent liquide que ceux des pays du Nord. Et dans l’ensemble, l’étude de marché de la banque européenne ne dit pas le contraire. Mais elle apporte des nuances très intéressantes.

 

Selon le rapport :

« L’Italie, l’Espagne et la Grèce sont les pays où les consommateurs effectuent le plus grand nombre de paiements en espèces par jour, avec 1,7 transaction par jour, soit près de 12 par semaine. D’autre part, les consommateurs des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Finlande et de l’Estonie ont effectué le plus grand nombre de paiements par carte par personne et par jour, avec respectivement 0,8, 0,6 et 0,5 paiement par jour. Ceci équivaut à 5,3, 4,1 et 3,8 paiements par semaine, respectivement. »

 

Honnêtement je n’aurais jamais imaginé que les Pays-Bas étaient les pionniers en matière de paiement par carte.
En y regardant de plus près les différences qui existent entre les trois pays baltes que sont la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie me semblent également dignes d’intérêt. Alors que l’Estonie est très en avance en termes de numérisation des paiements, la Lettonie et la Lituanie affichent des chiffres typiques de ceux des pays du Sud que sont l’Espagne, la Grèce ou l’Italie.
Je suis également surpris par la résistance des Allemands aux paiements par carte (ce qui se reflète dans la part de 80 % des transactions en espèces contre seulement 45 % aux Pays-Bas et moins de 65 % en Belgique et au Luxembourg).    Les paiements par carte étaient déjà exceptionnels lorsque j’habitais en Allemagne il y a bientôt 20 ans. Il semblerait que cette habitude soit difficile à combattre et que l’Allemagne n’ait pas sauté dans le train de la digitalisation des paiements.

 

Différences socio-démographiques

 

Outre les différences propres à chaque pays, nous constatons également des différences entre segments socio-démographiques.
Selon le rapport

« Les résultats de l’enquête montrent que les caractéristiques des consommateurs, telles que le sexe, l’âge et le niveau de scolarité, semblent influencer le choix d’un instrument de paiement particulier. »

Voici en gros les trois conclusions principales :

  1. Les hommes paient plus par carte (mais la différence est assez marginale)
  2. Plus vous êtes vieux, moins vous payez par carte
  3. Plus votre niveau d’études est élevé, plus vous êtes susceptible de payer par carte plutôt qu’en liquide.

 

Il existe bien sûr de légères différences, comme pour le segment des 18-24 ans qui enregistre le plus faible nombre de paiements par carte. Rien d’étrange cependant car la plupart des 18-24 ans étudient encore et sont moins susceptibles de posséder une carte que le reste de la population active.

 

En ce qui concerne l’acceptation du principe de paiement par carte, la moyenne européenne est de 72%. Tous les pays en dessous de cette moyenne sont des pays du Sud (Portugal, Espagne, Italie, Malte et Grèce) à l’exception notable de la Slovaquie et… de l’Allemagne. Ceci explique cela.

Photo : shutterstock

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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