Gagnez de l’argent en répondant à nos enquêtes

Inscrivez-vous dès maintenant !
Le blog de l'agence marketing IntoTheMinds
Etude de marché et coaching d'entrepreneurs

Le marché de l’épicerie fine s’écroule demain

Gagnez jusqu’à 50€ en participant à une de nos études de marché rémunérées.

Inscrivez-vous dès maintenant !

Après avoir visité le salon Gourmet food&Wine, une drôle d’impression reste imprimée en moi : celle d’une grande et interminable répétition.

De stand en stand, tout n’était qu’imitation : qui d’épices exotiques dans les contenants les plus farfelus, qui de piments d’Espelette travaillés sous toutes les formes jusqu’à en avoir la nausée, qui des produits de la mer et leurs improbables packagings aux couleurs criardes gentiment alignés sur des étagères en bois faussement vieilli par des enfants chinois. La phrase était longue ; je reprends mon souffle.

La coupe est pleine et la moutarde – fine et de Dijon svp – me monte au nez.

Un marché homogène

Plus rien ne sort du lot. Les innovations se situent désormais au niveau du packaging et le comble du marketing est atteint lorsque des entreprises du secteur alimentaire se contentent de créer des emballages dans lesquels elles collent des produits achetés ailleurs. Nous sommes à l’ère des communicants alimentaires, des marketeurs de la bonne bouffe qui vous vendent un emballage au prix de son contenu. Quelle déception !

Où sont les vrais amoureux du produit, les vrais artisans encore capables de prouesses gastronomiques à l’origine des vraies émotions ? Jean-Pierre Coffe, reviens vite !

Des artisans qui cèdent à la facilité ou qui restent 50 ans en arrière

Les vrais artisans souffrent d’une rare ambivalence : soit ils se sont attachés à copier les communicants professionnels et leurs verrines aux étiquettes noires, soit ils continuent d’utiliser leurs sublimes étiquettes écrites en gothique avec armoiries et médailles du concours agricole. Entre ces deux extrémités c’est le désert; de l’Atacama s’il vous plaît car il n’y pleut jamais. Pas la moindre goutte d’inspiration ne semble être tombée sur les sables de ce désert créatif.

La fin de l’épicerie fine est pour bientôt

Mais enfin à qui doit-on jeter la pierre ? Si cela se vend pourquoi ne pas continuer ? Car de l’autre côté les clients aiment ça. Les néo-épiciers fins tout d’abord qui cherchent à changer de vie en se lançant à corps perdu dans cette nouvelle activité censée redonner un sens à leur existence (notez qu’on fait tout pour les aider en leur proposant des franchises tout prêtes, clés sur porte ou plutôt meubles en bois vieilli sur murs devrais-je dire).

Ensuite les consommateurs finaux, grisés par les les « Top Chef » et et autres concours de cuisine qui n’en finissent plus de tourner en rond.

Au secours ! Mais quand tout ceci va-t-il enfin s’arrêter ? Lorsque les consommateurs se seront tout d’abord lassés de leur tendance « Top Chef » et ensuite quand ils remarqueront qu’on les prend pour des gogos.

La lumière au bout du tunnel

Heureusement ici et là on trouve encore des gens intelligents qui savent tirer le meilleur du processus et du produit tout en restant modernes dans la présentation. Ils ne surjouent pas. Ils laissent la priorité au produit.

L’avenir est là. L’avenir est à l’équilibre, au raisonnable et au refus des apparences pour masquer la médiocrité ou la banalité du produit (l’un n’excluant pas l’autre).

Au moment où j’écris ce billet dans le train qui me ramène à Bruxelles, je suis quand même un peu amer. Ce billet m’attirera sans doute l’opprobre de certains mais tant pis. J’ai le courage de mes opinions et ma conscience pour moi. J’argumenterai, ferraillerai avec ceux qui le souhaitent.

J’en connais un toutefois (il se reconnaîtra), lecteur de la première heure rencontré au détour d’une allée du salon, qui ne me contredira pas. Ce billet lui est dédié, lui qui a su avant les autres tracer le chemin pour une légion de suiveurs.

Tags: ,

Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

Share This Post On

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *