Archive pour décembre 2011

La raison d’être de ce blog

Vendredi 23 décembre 2011

Il y a quelques semaines j’étais en réunion avec un client dont l’un des employés me demanda d’où me venait l’inspiration pour alimenter ce blog 3 fois par semaine. Sans doute ma curiosité y est-elle pour quelque chose, mais pas seulement. Si le but premier de ce blog est de diffuser la Connaissance (avec un grand « C ») il a également pour but de partager mes idées et d’aider ainsi dans leurs réflexions un maximum de lecteurs. Je crois profondément que je peux –modestement- contribuer à rendre le monde meilleur autour de moi en proposant de nouvelles perspectives, en analysant les thématiques qui me sont chères sous de nouveaux angles, en challengeant les idées reçues et en informant sur les derniers développements en matière de marketing et d’entrepreneuriat.

 

Nombreuses sont les personnes qui pensent que le pouvoir appartient à ceux qui maitrisent l’information. Je ne peux que m’élever en faux contre une telle idée. Je pense au contraire que l’information, la connaissance, n’existent qu’à partir du moment où elles sont partagées avec d’autres. Le rôle de la connaissance est d’enrichir l’autre et lorsque j’y pense, beaucoup d’entreprises ont oublié ce principe élémentaire et n’ont plus comme but premier d’enrichir la vie de leurs clients. Quel dommage.

 

Voici maintenant plus de 3 ans que j’ai commencé ce blog et que j’ai réussi à garder, peu ou prou, le rythme de 3 billets par semaine (le lundi, le mercredi et le vendredi). C’est la partie la plus difficile en fait. Les blogueurs sont généralement très inspirés et productifs dans les premières semaines suivant la création de leur blog, et la flamme s’essouffle ensuite peu à peu. Dieu merci je n’ai jamais perdu ni la foi ni l’inspiration et ma motivation est toujours intacte. Cela devient même une thérapie lorsqu’il s’agit d’aider les PME à éviter les erreurs et les frustrations qui en découlent.

 

En termes de chiffres et bien que l’audience ait augmenté de 50% dans les 6 derniers mois, je pense que plus de lecteurs peuvent être atteints même si les sujets traités sont la plupart du temps techniques. La thématique du blog peut en effet être un handicap pour attirer les foules (j’aurais plus de succès si je parlais de smartphones ou de voitures).

Actuellement 50% des lecteurs sont français, et 70% sont francophones. La version anglophone du blog a bien progressé mais ne représente toujours que 30% du lectorat.

 

Je me suis fixé quelques buts pour 2012 :

-          garder le rythme de 3 billets par semaine

-          atteindre la parité entre les lecteurs francophones et les lecteurs anglophones

-          augmenter l’audience totale de 50%

-          publier le billet d’un invité une fois par mois

 

J’hésite encore sur le contenu des billets. Ces dernières semaines j’ai essayé d’alterner les billets très techniques et ceux plus légers. Je ne vois pas de grosse différence au niveau des statistiques de lecture. Je pense qu’il est donc plus simple de vous poser la question, chères lectrices, chers lecteurs. Que voulez-vous lire en 2012 ? Qu’avez-vous aimé en 2011 et qu’avez-vous détesté ? Ce blog est aussi le vôtre et ne sera un succès que si je parviens à vous faire penser différemment, à vous faire réfléchir et échanger vos idées. C’est sans doute le plus difficile de tous les challenges.

Sabine Laruelle (ministre belge des PME) et l’importance de l’entrepreneuriat

Mercredi 21 décembre 2011

J’écoutais une interview radiophonique le 13 Décembre 2011 sur Twizz de Sabine Laruelle, Ministre belge nouvellement nommée des PME, des indépendants et de l’agriculture.

Dans un contexte de crise comme celui que nous connaissons actuellement, doublé d’une rigueur budgétaire que plus d’un redoute, l’attention portée à l’entrepreneuriat est toute particulière (et à juste titre).

A la question du journaliste concernant les besoins en capital requis pour démarrer une société, Mme Laruelle énumérait toute une série de mesures possibles et soulignait, à juste titre, la nécessité de se faire accompagner et conseiller. Il y a toutefois un aspect sur lequel je ne rejoins pas du tout Mme Laruelle. Elle soulignait en effet que les institutions étatiques (par exemple le Fonds de Participation Bruxellois) peuvent venir en aide aux porteurs de projets pour obtenir les fonds dont ils ont besoin.

Même si cette structure a le mérite certain d’exister, elle me semble cependant résulter d’un dysfonctionnement flagrant du système. Ce n’est en effet pas le rôle de l’État de prêter de l’argent aux entreprises. C’est le rôle des banques. Si l’État doit remplacer les banques c’est que quelque chose ne tourne plus rond; mais ça vous le saviez déjà. Les banques ont en effet compris depuis longtemps qu’il était plus facile de faire de l’argent en s’écartant de son métier de base, ce qui a conduit aux dérives que l’ont connaît. Quelle ironie dès lors de constater que les banques mettent en avant dans leur publicité leur métier de base.

BNP Paribas Fortis mettait les agriculteurs en avant au moment le plus inopportun de l’année et la Société Générale, dans sa dernière campagne de publicité, vous rappelle qu’elle est là pour aider les entrepreneurs …

… enfin pas tous : pas les agriculteurs et pas les entreprises sans bilans, c’est-à-dire les start-ups, c’est écrit en tout petits caractères en bas de la publicité.

 

Mon avis :

Voici des banques qui affirment vous aider dans l’obtention des crédits mais qui excluent les start-ups et les agriculteurs, c’est-à-dire les catégories qui ont le plus besoin de financement. C’est le monde à l’envers

Le buzz de Pierre et Vacances ou comment skier en plein centre de Bruxelles

Lundi 19 décembre 2011

Pierre et Vacances (en associant avec d’autres sponsors comme Red Bull) crée le buzz à Bruxelles en installant une piste de ski en pleine ville (près du Mont des Arts pour ceux qui connaissent).

La piste (en neige artificielle bien sûr) est équipée d’un mini remonte-pente et est entourée de chalets, d’un bar en plein air comme on pourrait en recontrer sur les pistes en altitude.

L’installation a parait-il coûté pas loin de 600000€. A 13€ la descente il va être difficile de rentabiliser tout ça.

Attention aux annonces publicitaires : clin d’oeil à la Harvard Business Review

Vendredi 16 décembre 2011

J’étais en train de lire la Harvard Business Review online quand une annonce publicitaire apparut dans le coin inférieur droit de mon écran, réussissant bien malgré moi à détourner mon attention. Rien de bien extraordinaire à moins que cette annonce soit l’antithèse complète de ce que vous êtes en train de lire.

Concrètement je lisais un pamphlet sur les « expressions dénuées de sens » (meaningless expressions), la première d’entre elles étant « thinking out of the box » (ce qu’on pourrait traduire assez maladroitement par « penser en dehors des cadres »). Et voilà qu’une annonce apparaît qui fait la promotion d’un article reprenant cette expression dans son titre. L’article promu par l’annonce vise justement à ne plus penser de cette manière mais l’expression dénuée de sens d’après l’auteur y est quand même reprise.

Un clin d’œil amusant.

 

Quelques points clés à retenir sur les défis actuels de l’entrepreneuriat (#rentconference)

Mercredi 14 décembre 2011

La 25ème édition de la conférence RENT démarra à Bodo (Norvège) par une débat entre spécialistes sur l’entrepreneuriat et plus précisément sur la crise que nous traversons et le rôle que les entrepreneurs peuvent jouer.

Mon intention n’est pas de résumer l’entièreté de la discussion mais plutôt de mettre par écrit quelques statistiques qui mont interpellé.

  • Le Professeur Sarah Carter rappelait que 6 secteurs (Biotechnologies, …) à haut potentiel ont été identifiés en Ecosse pour bénéficier d’un soutien particulier des Institutions. Cependant ces 6 secteurs réunis ne représentent à l’heure actuelle que moins de 1% du PIB.
    Pourquoi les autres secteurs (étiquetés à « faible potentiel ») reçoivent si peu d’attention alors qu’ils contribuent très majoritairement au PIB ? Que font les États pour soutenir les secteurs peu technologiques et les marchés matures à faible potentiel de croissance ?
  • Sur 100 startups, 4 contribueront à hauteur de 50% des emplois créés.
  • Paul Westhead a souligné la nécessité d’aider les PMEs à survivre, en particulier dans les secteurs à faible croissance. Sa suggestion était d’offrir un support adapté à la personnalité des entrepreneurs plutôt qu’un support indifférencié. Si les institutions proposent la plupart du temps un accompagnement, ce dernier est modelé en fonction du secteur d’activité et pas en fonction du profil de l’entrepreneur.
  • Paul Westhead (encore lui) faisait remarquer qu’il est plus facile d’éviter un échec que de provoquer la réussite. Or peu de support est donné dans ce sens. Si on aide en effet les entrepreneurs à se lancer, peu (ou pas assez) est fait pour les empêcher de lancer des idées dont les chances de survie sont minces.

 

Mon avis :

Je suis revenu complètement motivé et excité par cette discussion : enfin des suggestions qui vont à l’encontre des pratiques établies et qui rompent avec les codes établis.

Je retiens un aspect en particulier. Si les « gazelles » existent (ces sociétés dont la croissance exceptionnellement rapide leur permet d’attirer l’attention et les honneurs), le monde est toutefois principalement constitué d’entreprises normales œuvrant dans des secteurs matures à la croissance relativement faible. Que fait-on pour ces entrepreneurs qui ont une idée « simple » et n’ont pas comme prétention de proposer du « disruptif », des « breakthroughs », termes si chers aux fans de business books qui rêvent d’une Silicon Valley européenne ?

je me retrouve dans ce que dit Paul Westhead parce que depuis des années je crois que les entrepreneurs ont tout intérêt à être challengés par des conseillers extérieurs. Peut-être suis-je en train de prêcher pour ma propre paroisse mais je pense sincèrement que les entrepreneurs peuvent augmenter nettement leurs chances de réussir si leur projet est challengé par un consultant extérieur qui en souligne les principales faiblesses. Trop souvent je rencontre des candidats entrepreneurs, des porteurs de projets motivés qui mettent la charrue avant les bœufs. Leur business plan est déjà fini avant même qu’ils aient réfléchi au chances de succès de leur projet. Trop souvent je rencontre des entrepreneurs prêts à lancer leur entreprise, à accomplir les formalités et à mettre leur économies dans un projet dont il ont le plus grand mal à m’expliquer l’intérêt. Pourquoi devrais-je acheter votre produit / service ? A cette question la plupart calent déjà, signe que l’idée n’est pas totalement claire.

Malheureusement, comme le révéla la réaction d’un porteur de projet que j’avais challengé dernièrement, tout le monde n’est pas prêt à se remettre en question, à remodeler son projet, voire à changer son idée de départ. Il est tellement plus simple de s’entêter, de vivre avec ses rêves et ses illusions que de se poser les questions qui font mal et qui dérangent.

Une campagne d’affichage originale signée Makro (#makro)

Vendredi 9 décembre 2011

Enfin un affichage sympa. Il s’agit de la dernière campagne des magasins Makro à Bruxelles qui font la promotion de leurs vélos. Plutôt que de mettre une photo géante il était sans doute plus facile d’en accrocher quelques uns.

En tout cas le moins qu’on puisse dire c’est que ça attire l’attention.

 

Une analyse PESTEL aurait bien aidé le secteur de la construction

Mercredi 7 décembre 2011

Une des décisions du gouvernement belge tant attendu a été de supprimer les incitants fiscaux accordés jusqu’à présent pour réaliser des travaux permettant de réduire la consommation énergétique des ménages (isolation, double vitrage, révision des chaudières, etc …).

Cette décision va profondément changer le paysage concurrentiel et on peut raisonnablement s’attendre à ce que les entreprises les moins solides (qui avaient envahi le marché ces dernières années) meurent. Je discutais de cette funeste prévision avec un expert du secteur la semaine dernière. Il était plus nuancé et pointait l’inexorable augmentation du prix de l’énergie dans les prochaines années. Je doute toutefois que son optimisme soit justifié. Bien que les analyses à moyen-terme justifierait de ne pas sursoir aux investissements, en matière de dépense les consommateurs sont plutôt orientés « court-terme ». Je m’attends donc plutôt à un chute brutale de leurs investissements.

 

Les entreprises qui se sont mises sur ce créneau à la faveur des lois fiscales auraient peut-être mieux fait de réaliser une analyse PESTEL auparavant. Elles auraient réalisé, s’intéressant au « L » de « légal » que les réductions d’impôts avaient modifié les aspects concurrentiels du secteur et la rivalité entre concurrents. Je m’attends à ce que cette rivalité se renforce à cause de plusieurs facteurs convergents :

  • Les consommateurs vont devenir encore plus sensibles aux prix
  • La suppression des incitants fiscaux va faire peser une pression supplémentaire sur les prix et va corriger à la baisse la marge des fournisseurs du secteur
  • D’un côté les plus petites entreprises, avec une structure de coût légère, vont rentrer dans la spirale de la réduction des prix (et donc de leurs marges) afin de survivre
  • De l’autre les entreprises les mieux établies, qui ont investi dans la communication et la promotion ces dernières années et ont des immobilisations sur leur bilan, feront face à des barrières à la sortie qui vont également les inciter à baisser leurs prix pour amortir leurs coûts fixes

 

Mon avis :

Les incitants fiscaux avaient artificiellement donné un coup de « boost » au marché et avaient permis à des entreprises de seconde zone, moins efficaces et moins solides, d’émerger. Ces entreprises vont inévitablement mourir mais vont auparavant faire des dégâts en entrant dans la spirale infernale des prix réduits et de la baisse des marge. Les entreprises les plus grandes vont survivre mais seulement au prix d’une restructuration profonde de leur structure de coûts. Quel que soit le scénario, les consommateurs seront à mon avis les gagnants à court-terme car les prix baisseront. Mais ils remonteront forcément lorsque le secteur se sera consolider et que la concurrence se sera faite plus rare. Le pouvoir de négociation basculera alors des clients aux vendeurs.

Comment annoncer une mauvaise nouvelle à ses clients ? Suivez l’exemple d’ING

Lundi 5 décembre 2011

ING essaye de justifier ses réductions de coûts en faisant porter le chapeau à d’autres.
Le sujet du jour s’éloigne du marketing mais touche quand même à un aspect crucial : la communication avec le client.
ING vient d’annoncer coup sur coup une réduction à 0,05% (autant dire rien) de ses comptes courants et à 1%+0,25% de son compte d’épargne le plus populaire (le livret vert). Ces annonces ne passent pas inaperçues dans le contexte actuel d’austérité et les mesures prises par ING méritent une petite relecture.
Comment une banque doit-elle procéder pour réduire ses coûts ? C’est simple. Alors qu’auparavant elles s’attaquaient aux coûts structurels (personnel, coûts de fonctionnement, …) ING vient de s’apercevoir qu’il était plus efficace de diminuer les montants payées par la banque à ses clients. En gros, il est plus simple de diminuer les taux d’intérêts. Et comme il est mal vu de prendre une décision unilatérale, les linguistes nous expliquent qu’une des stratégies consiste à reporter la faute sur quelqu’un d’autre. Ce sera la Banque Centrale Européenne. Voici l’explication fournie par ING à ses clients :

Les taux d’intérêt des marchés financiers, à court terme (Banque Centrale Européenne) et à long terme (Intrest Rate Swap), sont à la baisse. Cette situation nous amène à modifier la prime de fidélité sur le Livret Vert ING.
À partir du 9 décembre 2011, les taux* suivants seront applicables sur le Livret Vert ING : taux de base de 1,00 % (inchangé) + prime de fidélité de 0,25 % (au lieu de 0,50 % précédemment).

La question que je me suis posée était de savoir si le rejet de la faute sur la BCE était justifié. Il m’a fallu beaucoup de perspicacité pour dénicher l’historique des taux d’intérêt du livret vert ING, mais j’ai fini par les trouver. En comparant leur évolution à celle des taux directeurs de la BCE, on constate pas mal de choses intéressantes :

  • Le taux de base (1%) du livret vert est quasiment constant depuis des années et les fluctuations sont absorbées via la « prime de fidélité »
  • Les augmentations du taux directeur de la BCE opérées en avril 2011 et juillet 2011 n’ont pas conduit à une augmentation du taux d’intérêt du livret vert
  • Le taux directeur de la BCE est le même qu’en avril 2011 et pourtant ING baisse ses taux d’intérêts. On peut donc remettre en doute l’argumentation d’ING

 

Très intéressant également est le graphique qui présente le différentiel entre la somme (taux de base+prime de fidélité) et le taux directeur de la BCE. On s’aperçoit nettement qu’ING a entamé en Mars 2011 un mouvement de resserrement et que le taux actuellement servi est le même que le taux directeur de la BCE.


Pour finir (et c’est une moins bonne nouvelle pour les épargnants) regardez ce dernier graphique où le taux cumulé (taux de base + prime de fidélité) est mis en regard de l’indice à la consommation. L’écart étant désormais nul entre le taux directeur de la BCE et le taux d’intérêt ING, plus rien ne vient compenser une inflation galopante et la perte du pouvoir d’achat s’accélère.

 

Mon avis :

La BCE a bon dos mais comme personne ne prendra la peine d’aller vérifier si l’explication a du sens, la majorité des clients s’en contentera. Je parie que cette décision d’ING sera imitée par les autres banques qui y verront une permission de faire la même chose.