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La poste belge essaye de ressusciter les cartes postales

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La poste belge, rebaptisée BPost, vient de lancer une application pour smartphone assez originale. Cette application permet d’envoyer une carte postale … réelle. En gros vous écrivez votre texte, choisissez la carte postale, vous payez (2,35€) et BPost se charge d’écrire et d’envoyer la carte pour vous.

Mon avis :

A première vue l’idée peut sembler sympa mais je m’interroge quand même sur le succès qu’une telle application peut avoir.

Le gros avantage réside bien évidemment dans la possibilité d’envoyer une carte postale unique faites à partir d’une photo prise en vacances. C’est LE point fort et le succès ou l’insuccès de l’initiative va donc dépendre du poids des incontinents face à cet avantage unique.

Quels sont ces inconvénients ?

Les tendances générales indiquent une diminution constante du volume de courrier (en particulier privé). Je me souviens d’une présentation de Johnny Thijs à laquelle j’avais assistée il y a des années. Il évoquait déjà cette tendance et le fait que les particuliers représentaient une part infime du chiffre d’affaire réalisé par la poste (qui est depuis longtemps une organisation B2B).

D’autre part, dans un contexte de crise économique, qui, à part les technophiles, irait payer 2,35€ pour envoyer une carte postale alors qu’un sms, un email ou une carte virtuelle peuvent faire l’affaire. Le lancement de cette application correspond aux vacances d’été et la cible de BPost est donc clairement les vacanciers qui envoient des cartes à leurs proches. Les Belges prenant majoritairement leurs vacances à l’étranger (leurs destinations préférées sont l’Espagne et la France) les coûts de roaming data prohibitifs s’ajouteront donc au prix demandé par BPost. Ca risque de faire cher.

Et puis finalement, réfléchissez-y, envoyer une carte postale est un acte très personnel en soi et qui transmet plusieurs valeurs : l’effort pour écrire et envoyer la carte (ce qui explique qu’on en reçoive de moins en moins) et l’intérêt que l’expéditeur porte au récipiendaire. Ces valeurs ne risquent-elles pas de disparaître en mécanisant et en rendant plus impersonnel l’acte d’envoyer une carte postale à ceux auxquels on tient ?

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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