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Le vin en cannette connaîtra-t-il le même succès que les Bag-in-Box ?

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Les cannettes de vin seront-elles le prochain format à la mode ? Dans le contexte actuel plus rien n’est impossible. La crise du Covid modifie les habitudes et un format comme le Bag-in-Box (BIB) représente désormais la moitié des ventes. Pourquoi les canettes de vin ne suivraient-elles pas la même trajectoire ? Dans cet article nous retraçons l’historique de ce format particulier et interrogeons une vigneronne qui a parié sur ce format.

Sommaire

cannette de vin


Le format Bag-in-Box (BIB) domine le marché

La crise du Covid a eu un impact important sur la consommation de vin. Les Bag-in-Box, ces contenants de grande taille de vin bon marché, représentent désormais 44% du vin vendu en grande surface, en hausse de 10% par rapport à janvier-février 2021. Qui aurait parié dessus il y a encore 10 ans ?

Les Bag-in-Box ont mis en effet plusieurs décennies à s’imposer auprès des consommateurs. Inventé à l’origine pour le conditionnement de produits chimiques, du vin y a été conditionné dès les années 1970. L’évolution naturelle du Bag-in-Box aura été le “French Rabbit”, un format inventé par Jean-Claude Boisset (voir vidéo ci-dessous).

C’est dans cette perspective que je me penche aujourd’hui sur un autre type de contenant, peut-être encore plus disruptif : les cannettes de vin.


Les cannettes de vin : le prochain contenant “à la mode” pour le vin ?

Les cannettes sont utilisées depuis plus d’une décennie pour conditionner du vin. La première “mise en cannette” remonte en effet à 2010. C’est en Suisse que l’idée à germé dans la tête d’Alain Toscan, alors président de la société Neowines.  Le succès ne semble pas avoir été au rendez-vous puisque la société Neowines n’existe plus. Par contre le contenant, lui, existe toujours et des initiatives sont prises ici et là.

La cannette présente plusieurs avantages intéressants :

  • sa capacité (idéale pour 1 ou 2 verres de vin)
  • la protection offerte vis-à-vis de l’oxygène et de la lumière
  • sa légèreté (un argument déjà avancé à l’époque par les Bag-in-box)
  • une résistance aux chocs

Malgré tous ces points forts, la cannette de vin souffre également d’un énorme désavantage : les préjugés. A l’image du bouchon à vis, la cannette est associée dans l’esprit des consommateurs aux sodas. Et quoi qu’on en dise, la consommation de vin est un acte assez ritualisé, ancré dans des millénaires d’histoire. Pas facile donc de faire abstraction de la bouteille en verre et des bouchons en liège.

Mais ne surestimons-nous pas la résistance des consommateurs ? Les freins aux changements ne seraient-ils pas plutôt le fait des vignerons eux-mêmes, trop traditionalistes ?

C’est dans ce contexte que ma curiosité a été piquée par une publication d’Anne-Victoire Monrozier (alias Miss Vicky Wine). Cette jeune vigneronne et blogueuse mettait en avant ses cannettes de vin sur les réseaux sociaux. J’ai donc voulu l’interroger sur ses motivations et ses attentes.



anne-victoire monrozier

Anne-Victoire Monrozier tenant une cannette de vin de sa production.

A côté des bouteilles traditionnelles, tu proposes désormais 2 références de cannettes de vin (Muscadet et Fleurie). Peux-tu nous expliquer ce qui a motivé ta décision ?

J’ai toujours aimé l’innovation, ça émoustille ! Je suis donc à l’écoute des nouveautés et j’ai eu l’occasion d’organiser une conférence sur la canette. C’est un format décomplexé, il nous sort du référentiel vin historique, qui peut avoir une connotation assez snobe ou érudite.

Quels avantages vois-tu à la canette de vin ? En quoi les usages de la canette de vin sont-ils différents de ceux d’une bouteille classique ?

La canette ne remplacera jamais la bouteille, mais elle comble un manque que le verre n’a pas su combler. Elle est avant tout super pratique : légère et solide donc facile à transporter (envoyer par la poste, jeter dans un sac) mais elle s’ouvre aussi en un geste et se stocke sans prendre de place.
Son avantage principal réside pour moi dans sa petite taille, qui permet la consommation modérée du quotidien.

Quels clichés rencontres-tu qui sont le plus souvent associés à la canette de vin ?

La qualité arrive en premier, suivie de près par le goût d’aluminium et la longévité. La qualité, c’est au metteur en canette de la choisir, et malheureusement jusqu’à aujourd’hui on retrouve souvent des vins de piètre qualité en canette. Cependant, comme le bag in box ou la bière craft, ça pourrait changer ! Je pense que la canette gagnera quand les metteurs en canette seront fiers du jus qu’ils y mettent. Concernant l’aluminium, c’est une légende, il n’y a aucun goût, sauf si bien sûr vous décidez de boire à la canette, ce qui ne se fait que peut. Vous buvez à la bouteille vous ? La longévité n’est pas garantie au-delà d’un an, mais en réalité si vous respectez tous les paramètres de la mise, elle peut se garder bien plus. De toute façon, elle n’est pas destinée à être stockée en cave… et il en est de même pour beaucoup de vins en bouteille.

La canette de vin existe depuis 10 ans. Pourtant sa diffusion reste confidentielle. Comment l’expliques-tu ?

Beaucoup ont réfléchi, je ne suis pas sûre. Peut-être est-elle trop éloignée des codes, comme le Bag in Box à l’époque ? Est-ce la froideur de l’aluminium, ou le fait que jamais avant on ait mis de bons vins en canette ?

Le bag-in-box a mis près de 60 ans pour s’imposer (il représente aujourd’hui 44% des volumes vendus en grande distribution). Qu’est-ce que cela t’inspire ?

Beaucoup d’optimisme. Et je pense que le monde a changé en 60 ans, le Bag in Box a peut-être posé les jalons pour sa petite sœur la canette ? Si on sait acheter du vin dans du plastique, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse acheter du vin stocké dans de l’alu !

 

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Author: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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