En août 2009 j’annoncais sur ce blog le début d’une nouvelle révolution dans l’industrie du transport aérien.
La nouvelle a fait les gros titres des journaux : Continental et United vont fusionner dans l’espoir de réduire leurs pertes et de revenir aux bénéfices.
La vague de consolidation continue donc et le paysage du transport aérien est en train de se transformer : les petites compagnies qui avaient été créées après la dérégularisation du marché sont en train de mourir et seuls les mastodontes survivront. Et encore … en Europe il y a fort à parier que les low-costs domineront le marché et dégageront des profits. Les acteurs historiques devront se regrouper pour atteindre des économies d’échelle et aller chercher les profits sur d’autres continents, là où il y a encore de la croissance.
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La révolution du transport aérien est en marche
Vendredi 7 mai 2010Et si le volcan crachait ses cendres pendant plusieurs mois …
Lundi 19 avril 2010
Loin d’être un phénomène limité dans le temps les éruptions peuvent durer des semaines … pouvez-vous imaginer les conséquences si le nuage de cendre venait à se poser durablement au-dessus de l’Europe ?
L’Europe continuerait à être coupée du reste du monde, les avions et leurs passagers cloués au sol. Quelles seraient les conséquences économiques ? Chômage technique pour les compagnies aériennes et leurs fournisseurs, échanges de marchandises paralysés. Le secteur aérien, déjà fort ébranlé par la crise, continuerait donc de souffrir et serait en danger de faillite, les destinations de vacances atteignables seulement par avion (Egypte, Canaries, îles exotiques, etc …) verraient leurs économies vaciller.
Qui seraient les grands gagnants de la crise ? Les fabricants de camions et les compagnies pétrolières (il faudrait transporter les matières premières par la route), les fabricants de cars (il faudrait trouver des moyens alternatifs de transporter les personnes), les fabricants de matériel de vidéoconférence, les constructeurs automobiles sans doute également mais dans une moindre mesure.
Et que s’est-il passé vendredi à la bourse ? Et bien c’est simple … toutes les valeurs aériennes se sont effondrées.
Nul doute que les traders auront les yeux tournés vers l’Islande dans les semaines qui viennent.
Ryanair, champion du marketing transactionnel
Dimanche 20 décembre 2009
Michael O’Leary a donné dans la semaine dernière une interview au Wall Street Journal dans laquelle il rappelle les objectifs de Ryanair en termes opérationnels : garantir les prix les plus bas, perdre le moins de bagages possibles, partir et arriver à l’heure.
Michael O’Leary se gausse également des stratégies de ses concurrents qui se concentrent sur le relationnel et sur des aspects plus intangibles du service.
En termes de politique tarifaire j’ai été surpris de lire qu’au-delà des provocations se cachent –parfois- des réflexions pertinentes sur la réduction des coûts. Un exemple : tout le monde se souvient de la polémique créée par la proposition de Ryanair de faire payer les toilettes. O’Leary explique que la dîme perçue aurait jouée comme un incitatif pour les passagers à utiliser les toilettes de l’aéroport avant le départ ce qui aurait permis de diminuer les besoins (excusez le jeu de mots) à bord et aurait ainsi permis à Ryanair de supprimer 2 des 3 cabinets de toilettes, libérant ainsi de la place pour 6 sièges supplémentaires.
Comme vous le savez je ne suis pas un fan de Ryanair (j’évite au maximum d’utiliser leurs services) mais je reconnais que la réflexion est plus poussée qu’elle n’y paraît.
Mon avis :
Ryanair se moque –officiellement- de la satisfaction de ses clients. Mais lorsqu’on y regarde de plus près j’ai la ferme impression que Ryanair a changé la donne en termes de marketing. Avant Ryanair la différentiation était une condition sine qua non pour survivre. Depuis la création de Ryanair le transport aérien est devenu une commodité et a perdu son caractère élitiste.
Ryanair a donc modifié les règles de la concurrence par la redéfinition du business model, et a imposé ainsi un nouveau modèle de marketing. Le marketing relationnel (fidélisation des clients grâce aux miles) a laissé la place à une approche transactionnelle dans laquelle la composante humaine est laissée de côté (parfois bien brutalement … ceux qui ont déjà pris Ryanair se souviendront sans doute de la cohue lors de la montée à bord) au profit des KPI’s. Dans ce nouveau modèle seule la performance et le respect des KPI’s ont la priorité … pour le plus grand bonheur des clients qui s’étaient habitués aux retards et manquements des autres compagnies.

