Archive pour le mot-clef ‘transport’

Le succès de Ryanair fait des jaloux

Vendredi 28 octobre 2011

Puisque Ryanair fait des jaloux, la concurrence attaque et utilise les mêmes armes de communication que sa concurrente, à savoir une communication un peu provocante (« très » provocante chez Ryanair). La forteresse est cependant bien gardée et puisque les avantages concurrentiels de Ryanair ne peuvent être attaqués (les prix, le respect des horaires même si ces derniers font l’objet de surestimations qui permettent d’améliorer les statistiques), alors la concurrence attaque le talon d’Achille de la compagnie irlandaise, c’est-à-dire son respect des réglementations.

Ryanair s’est en effet fait le champion du non-respect des droits des voyageurs et n’accorde jamais la moindre compensation. J’ai moi-même essayé et ai abandonné de guerre-lasse après des mois de procédures infructueuses.

Voyez par exemple la publicité qu’Easyjet fait parvenir à ses clients.

Ryanair pisse sur la compétition

Lundi 22 août 2011

Après que les médias se soit fait l’écho d’un Gérard Depardieu urinant dans une bouteille alors que son avion était prêt à décoller, Ryanair détourne l’incident en déclarant « pisser sur la concurrence ».

Mon avis :

S’agit-il bien de la première compagnie aérienne européenne ?

Cette publicité déplacée (un peu trop à mon goût) n’a d’autres buts que de faire parler d’elle et c’est réussi puisqu’elle est relayée jusqu’ici. Cela me rappelle d’ailleurs un autre épisode tout aussi peu glorieux, lorsque j’avais photographié il y a quelques années un message peint sur le fuselage d’un avion de la compagnie irlandaise.

La poste belge essaye de ressusciter les cartes postales

Vendredi 15 juillet 2011

La poste belge, rebaptisée BPost, vient de lancer une application pour smartphone assez originale. Cette application permet d’envoyer une carte postale … réelle. En gros vous écrivez votre texte, choisissez la carte postale, vous payez (2,35€) et BPost se charge d’écrire et d’envoyer la carte pour vous.

Mon avis :

A première vue l’idée peut sembler sympa mais je m’interroge quand même sur le succès qu’une telle application peut avoir.

Le gros avantage réside bien évidemment dans la possibilité d’envoyer une carte postale unique faites à partir d’une photo prise en vacances. C’est LE point fort et le succès ou l’insuccès de l’initiative va donc dépendre du poids des incontinents face à cet avantage unique.

Quels sont ces inconvénients ?

Les tendances générales indiquent une diminution constante du volume de courrier (en particulier privé). Je me souviens d’une présentation de Johnny Thijs à laquelle j’avais assistée il y a des années. Il évoquait déjà cette tendance et le fait que les particuliers représentaient une part infime du chiffre d’affaire réalisé par la poste (qui est depuis longtemps une organisation B2B).

D’autre part, dans un contexte de crise économique, qui, à part les technophiles, irait payer 2,35€ pour envoyer une carte postale alors qu’un sms, un email ou une carte virtuelle peuvent faire l’affaire. Le lancement de cette application correspond aux vacances d’été et la cible de BPost est donc clairement les vacanciers qui envoient des cartes à leurs proches. Les Belges prenant majoritairement leurs vacances à l’étranger (leurs destinations préférées sont l’Espagne et la France) les coûts de roaming data prohibitifs s’ajouteront donc au prix demandé par BPost. Ca risque de faire cher.

Et puis finalement, réfléchissez-y, envoyer une carte postale est un acte très personnel en soi et qui transmet plusieurs valeurs : l’effort pour écrire et envoyer la carte (ce qui explique qu’on en reçoive de moins en moins) et l’intérêt que l’expéditeur porte au récipiendaire. Ces valeurs ne risquent-elles pas de disparaître en mécanisant et en rendant plus impersonnel l’acte d’envoyer une carte postale à ceux auxquels on tient ?

SN Brussels Airlines va chasser sur le terrain de Ryanair

Lundi 9 mai 2011

Les temps sont durs. Ryanair est devenue la compagnie aérienne n°1 en Europe et ça agace forcément (moi en premier). Alors les concurrents ne se gênent plus et viennent faire de la pub dans les aéroports où jusque-là seul Ryanair était présent.

La preuve en image à Rome Ciampino …

Le questionnaire satisfaction de la société des chemins de fer belges : quelles leçons en tirer

Jeudi 7 octobre 2010

Les monopoles se soucient d’ordinaire rarement de la satisfaction de leurs clients. Cependant le marché est en voie de libéralisation et la Belgique a connu en 2010 quelques dramatiques incidents qui ont sans doute poussé la SNCB (la société belge des chemins de fer) à s’intéresser à l’opinion des usagers.

J’ai rempli lors d’un trajet le questionnaire qui m’était proposé (20 minutes de travail tout de même) et ai noté quelques erreurs. Utilisons cet exemple pour vous éviter de commettre les mêmes lorsque vous sonderez vos clients.

Premièrement le questionnaire se présentait sous forme de 2 feuilles A4 recto-verso (soit 4 pages) et d’une cinquantaine de questions.

Leçon n°1 : évitez les questionnaires trop longs qui introduisent un biais. Croyez-le ou pas la motivation des répondants à répondre correctement diminue avec le nombre de questions posées. Concentrez-vous sur l’essentiel (encore faut-il l’avoir identifié)

Le questionnaire était un compendium d’indicateurs à évaluer. Par exemple il fallait évaluer sur une échelle de 10 la propreté du quai, l’accessibilité du quai, la propreté du parking, l’état des abris, etc … Quelle est toutefois l’importance relative de la propreté du parking en regard de la ponctualité (rassurez-vous il fallait également évaluer ce critère) ?

Leçon n°2 : faites en sorte que les critères de performance que vous évaluez influent réellement sur la satisfaction client. Dans le cas des chemins de fer je pense qu’avoir des trains à l’heure est largement plus important que d’avoir un parking propre pour la majorité des voyageurs.

Fedex va mieux … merci beaucoup

Lundi 2 août 2010

J’étais en réunion chez Fedex il y a quelques jours et les affaires semblent aller mieux. En effet les employés de Memphis ont reçu pour la première fois en 4 ans une prime exceptionnelle, signe que le business ne se porte pas si mal.

D’ailleurs quand on y pense le monde du transport pourrait bien subir une nouvelle consolidation. DHL va mal, s’est retiré des Etats-Unis en 2008 et reste leader sur le marché européen. Fedex va bien et a des vues sur le vieux continent. N’entendez-vous pas la vieille litanie des synergies … Fedex + DHL ferait un bel ensemble capable de damer le pion au géant UPS.

A suivre …

La satisfaction client chez Air France – KLM

Lundi 26 juillet 2010

Après m’être intéressé à Accor et à la manière dont la satisfaction client transparaissait dans leur rapport annuel, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant de faire la même chose pour d’autres grands groupes.

De la même manière que des études s’attachent à démontrer l’émergence de certaines thématiques comme l’écologie ou l’éthique dans les rapports annuels, l’étude de termes révélant la « centricité » de la société autour du client me semble pertinente.

Accor faisant partie du CAC40 j’ai tout simplement consulté le rapport de la première société par ordre alphabétique dans le CAC40, Air France – KLM. Un choix d’autant plus pertinent que c’est le B2C qui fait majoritairement vivre Air France.

Première constatation intéressante, le mot « satisfaction » apparaît …. une seule fois dans les 72 pages du rapport : «Le groupe porte une grande attention à la satisfaction de ses clients, ce qui transparaît dans le renouvellement des contrats ». Bof … pas très convaincant. Il s’agit plus d’une déclaration d’intention que d’une démonstration.

Ne désespérons pas et intéressons-nous à d’autre termes proches : « satisfaire », « fidéliser », «fidélisation».

« Satisfaire » apparaît 1 fois, « Fidéliser » 4 fois et « Fidélisation » 2 fois. Au-delà des statistiques, c’est ce que dit Air France sur ces thématiques qui est bien entendu intéressant.

Air France consacre une pleine page à la thématique satisfaction – fidélisation sous le titre « Des solutions innovantes pour satisfaire nos clients ». Une analyse du discours d’Air France montre que la compréhension de la thématique de la fidélisation se réduit pour la compagnie française à son programme de fidélisation Flying Blue. Bien que le nombre d’adhérents ait augmenté de 50% entre 2005 et 2008, il ne s’agit pas là du bon indicateur. Il est en effet désormais connu que l’adhésion étant gratuite, beaucoup des membres s’inscrivent sans réelle motivation (si ce n’est celle de chasser les « primes » de manière opportuniste). Un même client a souvent plusieurs cartes et en aucun cas la possession de cette carte ou l’appartenance à ce programme n’est un facteur déterminant dans le choix de la compagnie. Le client qui doit aller d’un point A à un point B effectue plutôt son choix en se basant sur d’autres critères (dont le prix) et utilise ensuite la carte adéquate pour collecter ses miles.

Le discours d’Air France associé également la fidélisation a la simplification du voyage. A cet égard je pense qu’Air France marque des points et que les mesures prises ne sont pas veines. Encore faudrait-il qu’elles se différentient de celles des concurrents pour avoir une change de réussir et je ne vois pas directement d’idée révolutionnaire : le check-in online, le ticketless sont des mesures déjà prises par d’autres compagnies dans le même but (simplifier le voyage pour le client et accessoirement réduire les coûts pour la compagnie).

Une interview de Peter Hartman, le CEO de KLM, à la fin du rapport révèle quelques autres dimensions de la fidélisation. Hartman affirme «Nous devons fidéliser nos passagers en leur

donnant l’envie de revenir sur nos lignes, car ils y trouvent les services et le confort qu’ils apprécient.». Pas très révolutionnaire tout ça … Service, confort restent des termes très génériques

Mon avis :

Non seulement Air France n’aborde pas volontairement et en profondeur les aspects de satisfaction et fidélisation, mais elle ne les traite que très superficiellement et sans jamais être concret. Air France – KLM semble se satisfaire de leur programme de fidélisation alors que celui-ci ne peut en aucun cas être le moteur de la fidélisation. Il ne s’agit que d’un accessoire à l’utilité bien limitée. Les lecteurs de ce rapport sont-ils dupes ?

Quand vos clients insatisfaits se vengent … United Airlines en a fait les frais

Lundi 28 juin 2010

Il y a deux types de sociétés : celles qui sont à l’écoute et celles qui ne le sont pas. Le plus difficile quand vous êtes à l’écoute c’est de l’être également pour vos clients mécontents ; et de l’être sincèrement.

Les recherches et les business cases abondent (j’exagère peut-être un peu) sur la gestion des réclamations et sur la conversion des clients mécontents en clients satisfaits.

Une société n’a apparemment rien compris. Il s’agit de United Airlines. Voici une histoire qui a reçu une importante couverture médiatique en Amérique du Nord mais qui est restée assez peu diffusée en Europe. Merci à Björn Asmussen pour l’avoir mentionnée.

David Carroll est un guitariste professionnel qui, lors d’un voyage avec United Airlines, a été témoin des maltraitances infligées à son instrument. Il décrit, avec humour, le parcours du combattant qui a suivi pour réclamer pendant plusieurs mois, mais jamais obtenir, le remboursement des dégâts causés. Par vengeance il décida de faire connaître son aventure au plus grand nombre en enregistrant et diffusant sur YouTube une vidéo vue par plusieurs millions de personnes. Je remercie Dave pour son autorisation de reproduire sur mon blog sa vidéo ainsi que certaines de ses photos.

Mon avis :

Méfiez-vous des clients insatisfaits. En faisant la sourde oreille à leurs revendications vous ne ferez qu’augmenter leur frustration et leur appétit de vengeance. L’insatisfaction génère des processus hautement émotionnels que l’être humain a tendance à vouloir évacuer le plus vite possible, notamment en communiquant avec ses congénères son mécontentement.

Pourtant, à y bien réfléchir, il n’y a aucune raison d’agir de la sorte. Les sociétés devraient être reconnaissantes aux clients insatisfaits de se manifester ; elles ont ainsi une opportunité extraordinaire de s’améliorer.