Archive pour le mot-clef ‘FMCG’

Sara Lee vs. Nespresso : cherchez l’erreur

Lundi 2 mai 2011

Lorsque j’étais au salon « stratégie client » Julien Morel, le directeur opérationnel de Nespresso, se félicitait de la part de marché que Nespresso a su conservé malgré l’intrusion de trublions comme Maison du Café (Sara Lee) et Casino.

J’ai profité de mon passage en France pour acheter ces fameuses capsules de Maison du Café et j’ai une explication. Le café n’est tout simplement pas aussi bon.

D’un point de vue purement hédoniste, le plaisir que j’ai retiré d’une capsule Sara Lee est tout simplement le même qu’un simple café « filtre ».  Il manque l’onctuosité, le plaisir visuel de la mousse et le plaisir que je retire dans le choix matinal de la couleur de ma capsule.

Mon avis :

Alors que tout le monde espérait que la concurrence ferait baisser les prix, il n’en est rien. Sara Lee rate misérablement  son coup en attaquant le marché par le bas et en proposant un Ersatz bas de gamme, sans saveur et sans plaisir à Nespresso. La preuve c’est que je n’ai jamais été aussi heureux de Nespresso que depuis que j’ai testé Maison du Café.

Lessons learned : si vous voulez conquérir un marché assurez-vous d’avoir compris les fondamentaux et de faire au moins aussi bien que votre concurrent sur les critères de base.

De la nostalgie, toujours de la nostalgie

Vendredi 12 novembre 2010

J’en ai parlé assez souvent sur ce blog. La nostalgie est une des grandes tendances du marketing de ces dernières années. Toutes les marques s’y mettent. Et bien ça risque de faire long feu.

A force de banalisation le consommateur va avoir besoin d’autres chose. Une petite ballade au SIAL, la salon de l’alimentation, a suffit pur constater le peu d’imagination de certains marketers et la nécessité de renouvellement (dommage pour les marques qui avaient initié le phénomène et qui vont devoir trouver une autre vague sur laquelle surfer).

Quelques exemples :

  • on ne compte plus les marques de biscuits à l’ancienne, de grand-mère, de grand-père et de tous les ancêtres possibles et imaginables
  • dans le secteur FMCG les marques les plus anciennes basent leurs succès espérés sur leur histoire et leur potentiel de sympathie
  • on ressort du placard les produits de notre enfance pour en faire des dérivés

La glace au Carambar arrive dans vos congélateurs !

L’exemple le plus surprenant que j’ai pu voir au SIAL était la glace au Carambar. La licence d’exploitation de ce produit remisé aux oubliettes a été dénichée par un fabricant de produits pour la grande distribution (MDD) qui va en faire une « spécialité glacée »

Les biscuits de la Mère Poulard et ses boîtes métalliques retro à souhait

Mon avis :

Vite vite … il faut innover et trouver une autre tendance porteuse; le jeunisme peut-être ?

Le hit marketing de Nespresso : kazaar

Mardi 5 octobre 2010

Bien qu’attaqué par la concurrence, Nespresso fait de la résistance et le fait mieux que ce que j’aurais pu attendre.

La preuve en est avec leur nouvelle édition limitée qui d’un point de vue marketing tranche radicalement avec ce qui avait été fait jusqu’à présent. Jusqu’à maintenant en effet les éditions limitées de Nespresso faisaient surtout l’objet d’un marketing insistant sur les origines géographiques du produit. Devenue classique cette méthode vise à mobiliser l’imaginaire du consommateur et à justifier, par cette touche d’exotisme, le surcoût demandé. Cette recette est appliquée avec succès par de nombreuses autres sociétés et Alain Millat l’a bien compris qui a construit le succès de ses produits sur ce principe.

Et voilà que Nespresso change d’un coup radicalement de stratégie et fait le marketing de son dernier-né en mettant un seul aspect en avant : la force.

Les habitués connaissant déjà l’échelle imaginaire de 1 à 10 (encore une belle trouvaille marketing) permettant de positionner la force de la capsule choisie. Ils sauront désormais que Kazaar (c’est le nom de l’édition limitée) revendique une force de 12 sur l’échelle nespressienne. C’est tout. Rien d’autre si ce n’est le traditionnel fascicule de présentation sur papier glacé et de jolis visuels laissant bien ressortir le caractère masculin et fort de Kazaar.

Le résultat est là : je me suis laissé tenter et lorsque je suis allé me réapprovisionner en capsules la majorité des clients achetaient leur dose de Kazaar également.

Mon avis :

Retour aux sources ! En marketing comme dans d’autres disciplines les périodes de sophistication sont souvent suivies par des périodes de réinvention. Curieusement cette réinvention s’exprime parfois par un retour aux sources et un abandon (temporaire ou dans les apparences) de sophistication.

L’authenticité : une valeur qui paie

Mercredi 18 août 2010

Dans un monde où tout bouge à la vitesse de la lumière, où l’humain est bombardé de messages divers et variés, de nouvelles tendances émergent qui sont notamment exploitées par les spécialistes du marketing.

J’avais parlé dans un billet précédent des travaux de Dirk Smeesters sur la nostalgie et de nombreuses sociétés (Converse, VW, …) s’y sont mises. Un autre moyen de répondre à ces nouvelles tendances consiste à miser sur l’authenticité. Certaines marques du secteur agro-alimentaire s’y mettent ; pensez par exemple aux chips d’antan, aux confitures de grand-mère, etc … Ce qui est moins courant par contre c’est qu’une marque de fast-food s’essaie à l’authenticité. C’est pourtant ce que tente de faire MacDonald’s en Italie avec sa nouvelle campagne de publicité. Jugez plutôt …

MacDonald’s met en avant l’origine de ses viandes et joue l’aspect local pour rassurer. Pourtant l’Italie a connu et connaît encore des scandales dans sa filière agro-alimentaire et on peut se demander si jouer la carte locale est vraiment sensé. Peut-être MacDonald’s estime-t-il économiquement intéressant de jouer sur le nationalisme des Italiens pour leur faire consommer ses burgers. Il s’agit en tout cas d’une tendance que j’ai retrouvée cette année dans un autre endroit insolite : les plages. Le gouvernement italien avait en effet lancé une campagne d’information incitant les restaurants de plage à privilégier les produits locaux et ceux qui suivaient ces prescriptions s’en trouvés donc honorés.

Ma conclusion :

L’authenticité et le sourcing local sont des tendances lourdes déjà bien comprises des grandes entreprises. L’information percole lentement mais sûrement la société si bien que les plus petites entreprises auraient tout intérêt à prendre ce virage. Je viens d’ailleurs d’achever une recherche qualitative pour un de mes clients durant laquelle cette dimension est ressortie fortement. Je trouve cette thématique de l’authenticité d’autant plus intéressante d’ailleurs que les moyens de l’illustrer sont multiples. Je posterai dans les jours et semaines qui viennent quelques photos qui m’inspirent l’authenticité.

La guerre des capsules aura bien lieu

Mercredi 7 juillet 2010

Après l’intrusion de Casino et de Sara Lee (via sa filiale Maison du Café) sur le terrain de jeu de Nespresso, Nestlé a décidé de contre-attaquer et annonce une action en justice contre Sara Lee.

Sara Lee a déjà écoulé plus de 10 millions de capsules en France et ce succès menace directement le monopole de Nespresso. Mais à quoi s’oppose vraiment Nestlé ? Au partage de son monopole ou aux perspectives cauchemardesques qu’annoncent l’intrusion de Sara Lee et Casino ? Je penche plutôt pour la seconde alternative car Sara Lee et Casino tirent l’image du produit vers le bas et annihilent 10 ans d’efforts de la part de Nespresso pour faire de leurs capsules un objet de statut social.

Il n’y a qu’à penser à Senseo et Nespresso … lequel des deux vous inspire-t-il une plus haute « valeur ajoutée » ?

guerre war capsules sara lee nespresso casino

Comme il est difficile d’être simple

Lundi 31 mai 2010

« Comme il est difficile d’être simple »

Vincent Van Gogh


Ce joli mot de Van Gogh est en bonne place sur la carte du grand Paul Bocuse. Les marketers feraient bien de s’en souvenir car cela pourrait bien être une des clés du succès.
L’expérience s’accumulant je constate, avec amertume, que les entreprises deviennent les championnes de la complexité et semblent parfois se complaire dans une escalade avec leurs concurrents.
Ceci se traduit aussi bien dans les produits eux-mêmes que dans les vecteurs servant à leur promotion.
Pensez par exemple aux forfaits mobiles. La commission européenne a dénoncé à plusieurs reprises la complexité des offres sur le marché et Base a récemment pris le contrepied de cette tendance en affichant des tarifs simplifiés et en les mettant en avant.

La téléphonie mobile me direz-vous est un cas particulier puisque les Mobistar, SFR, Proximus et autres Orange ont tout intérêt à empêcher le consommateur de comparer les tarifs. Soit … mais que penser des autres industries ? Automobile, FMCG, IT, … rien en semble fait pour faciliter la vie (et le choix) des clients.
La filière vinicole a longtemps subit le poids de la tradition et des appellations complexes (amusez-vous à lire une étiquette de Bourgogne) et les vins du Nouveau Monde, affranchis de cette tradition, ont eu tôt fait de mettre en avant d’autres qualités et de faire le marketing des qualités intrinsèques du produit. Bien leur en a pris et ils sont désormais imités par leurs modèles d’autrefois.
Dans l’e-commerce et les sites web en général la tendance à la complexification existe. Seth Godin (que je lis de temps en temps plus par distraction que par vraie passion pour le personnage et ses idées) se faisait récemment l’écho du manque de différentiation des sites, regrettant que tous se ressemblent et qu’il ne soit quasiment plus possible de les distinguer une fois leurs noms effacés. Voilà bien le problème … tous se ressemblent et tous sont trop compliqués, noient le visiteur (et prospect) sous une avalanche d’informations plus ou moins pertinentes, l’invitant à rester le plus longtemps possible (ah … le bounce rate) et à se perdre dans les méandres de sites web imaginés par des webmasters et autres informaticiens dépourvus de toute sensibilité pour l’expérience client online.

Mon avis :
Leçon 1 : il est plus facile de faire compliqué que de faire simple. Essayer de faire un site web simple et vous le constaterez
Leçon 2 : concevez vos produits en ayant en tête l’expérience client. Vous êtes là pour apporter des solutions et faciliter la vie de vos clients. Comme le disait Théodore Levitt (l’inventeur de « l’augmented product concept » certes dépassé mais quand même révolutionnaire en 1969), vos clients ne veulent pas une mèche de diamètre 16, 18 ou 20; il veulent un trou du bon diamètre.

Leçon 3 : différenciez-vous par la simplicité et pas par la complexité.

Nespresso suite

Jeudi 18 février 2010




Pour finir mon billet précédent sur Nespresso voici les deux autres « teasers » réalisés dans la même veine que le premier.
Vous constaterez que la dimension luxe ressort toujours aussi bien et que le montage graphique fait dans l’évocation et l’émotionnel.


Dommage que le produit lui-même ne soit pas à la hauteur. J’ai goûté et je n’ai pas été convaincu.