Parmi les mesures de nature économiques du gouvernement Sarkozy le statut d’auto-entrepreneur fait partie de celles qui ont eu le plus de succès.
Plus de 200.000 entreprises de la sorte ont déjà été créées par des entrepreneurs plus ou moins expérimentés. La facilité de création (et de cessation d’activité) ont supprimé les barrières psychologiques et pratiques qui ne poussaient que les plus motivés des entrepreneurs à franchir le pas.
L’absence de qualifications de la plupart des créateurs d’entreprises promet donc un taux de survie plus faible que celui des entreprises « normales ». Mais qu’importe puisque l’acte de décès de la société est une formalité non pénalisante de quelques minutes.
Ceci me conduit donc à m’interroger sur les changements profonds que le statut d’auto-entrepreneur peut apporter à l’économie.
Avec le système de l’auto-entreprenariat le taux de survie perd en effet de son importance. Quelle importance en effet donner à un indicateur alors que le système autorise (et encourage !) à prendre des risques ?
Ce système ne risque-t-il pas d’être contre-productif (c’est-à-dire aboutir à la destruction de valeur) puisque des entrepreneurs en herbe et sans les qualifications requises se retrouvent propulsés à la tête d’une entreprise ? Je comprends que l’Etat veuille encourager les vocations et convertir un certains nombre d’affaires en sàrl mais j’ai mes doutes.
Comme dans certaines professions où la possession d’un diplôme ad hoc est requise (certains artisans du bâtiment par exemple, bien que les qualifications ne fassent l’objet d’aucune vérification), la même recette ne pourrait-elle pas être appliquée à d’autres types d’entreprises ? C’est en tout cas le système adopté en Belgique qui requiert du créateur d’entreprise qu’il fasse la preuve de ses qualifications en management.
Là où je salue par contre l’initiative de l’Etat français c’est dans la latitude qu’il laisse aux entrepreneurs de tester leurs idées. L’abolition des barrières à l’entrée permet dès lors de tester l’adéquation de son produit / service avec le marché avant de le lancer à plus grande échelle. J’aimerais toutefois éviter que ne se développe une attitude de « trial and error » à outrance au détriment d’une réflexion sur les besoins des clients en amont. C’est malheureusement cette dernière composante qui manque le plus souvent et conduit tant d’entreprises à mettre la clé sous la porte.