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30 jours pour lire toutes les politiques de confidentialité : le RGPD sera inopérant

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On dit que l’Américain moyen est amené à accepter, au gré de son utilisation de l’internet, quelque 1500 politiques de confidentialité chaque année, ce qui représente des dizaines de jours ouvrables de lecture. J’ai cherché à savoir d’où venaient ces chiffres et suis remonté à la source. A cette occasion j’ai découvert que le chiffre de 75 jours de lecture sur base annuelle souvent cité dans la presse est erroné. J’ai refait le calcul et ai trouvé 30,5 jours.
Pour en savoir plus, lisez notre article du jour qui vous apprendra ce qu’est la « lassitude du consentement », pourquoi le RGPD restera inefficace et d’où viennent les chiffres cités ci-dessus.

2514 mots dans une politique de confidentialité moyenne et exposition à 1462 politiques de confidentialité par an.

L’étude de McDonald et Cranor (2008) est assez ancienne, mais c’est néanmoins un bon point de départ pour voir comment la situation a évolué.
L’étude a examiné les politiques de confidentialité de 75 grands sites Web américains parmi les plus consultés.  La première partie de l’article se concentre sur l’évaluation du temps de lecture en fonction du nombre de mots ; la deuxième partie se penche sur le nombre de sites Web visités sur une base mensuelle. Les auteurs ont constaté que

« En moyenne, les internautes visitent 52 sites différents exclusivement au travail, 105 sites différents exclusivement à la maison et 14 sites au travail et à la maison. »

 

 

Convertir les statistiques mensuelles en moyennes annuelles se révèle plus compliqué que prévu. En 2008 il n’y avait pas de statistiques disponibles sur le nombre de sites Web visités sur base annuelle. Les auteurs ont donc évalué (voir le tableau ci-dessous) que l’utilisateur moyen consultait 1462 sites Web par an.

 

Les auteurs en conclurent qu’une personne moyenne aurait besoin de 244 heures chaque année pour lire les politiques de confidentialité auxquelles elle était soumise, ce qui représente un peu plus de 30 jours ouvrables.

Bien que cette recherche ait été publiée il y a 10 ans, ses résultats restent toujours cités. Mais les usages ont cependant beaucoup changé au cours des 10 dernières années (surtout avec l’utilisation mobile qui en était encore à ses débuts en 2008 lorsque les résultats ont été publiés). Une mise à jour s’impose donc, surtout après l’entrée en vigueur du RGPD cette semaine, afin de voir si la situation s’améliore ou au contraire se dégrade.

En conclusion : la protection de la vie privée peut-elle être réglementée ?

Au cours des dernières années le concept de « lassitude du consentement » (consent fatigue en anglais) a émergé (voir pereira, benessia et curvelo, 2013) qui permet d’expliquer pourquoi les utilisateurs acceptent sans les lire les politiques de confidentialité. Ceci rend inopérantes les tentatives de régulations comme le RGPD. En effet, si les utilisateurs acceptent les politiques sans les lire, la réglementation demeurera inefficace puisque des politiques abusives peuvent encore être acceptées. La seule solution est donc d’éduquer les utilisateurs pour les sensibiliser et limiter ainsi l’effet des politiques abusives.

 

Image : shutterstock

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Auteur: Pierre-Nicolas Schwab

Pierre-Nicolas est Docteur en Marketing et dirige l'agence d'études de marché IntoTheMinds. Ses domaines de prédilection sont le BigData l'e-commerce, le commerce de proximité, l'HoReCa et la logistique. Il est également chercheur en marketing à l'Université Libre de Bruxelles et sert de coach et formateur à plusieurs organisations et institutions publiques. Il peut être contacté par email, Linkedin ou par téléphone (+32 486 42 79 42)

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